Fichage de musulmans assimilés à des « terroristes » : le tribunal correctionnel d’Orléans condamne l’auteur pour diffamation et incitation à la haine raciale

Le tribunal correctionnel d’Orléans a condamné, le 27 janvier 2026, le président de l’association dissoute Vivre en République à Orléans (VRO45) pour diffamation publique et incitation à la haine raciale. Le prévenu a été sanctionné d’une peine de 4 000 euros d’amende, dont 2 000 euros avec sursis.

Cette décision judiciaire fait suite à une campagne de diffamation et de stigmatisation raciste menée à l’encontre de M. Hamid Khoutoul, adjoint au maire d’Orléans, ainsi que d’un agent contractuel de la municipalité, tous deux victimes d’accusations graves et infondées.

Avant la dissolution de l’association en 2021, son président, Philippe Chenau, avait mis en place une démarche de « fichage » de personnes présentées comme de supposés soutiens des Frères musulmans, visant directement les deux plaignants.

Les débats devant le tribunal ont mis en lumière un ciblage méthodique, systématique et discriminatoire, reposant sur l’appartenance réelle ou supposée à la religion musulmane.

Parmi les faits figurent notamment :

– la diffusion publique d’articles, de publications et de prétendues « notes confidentielles » accusant les plaignants de « subversion », de « stratégie d’infiltration » et de « dissolution de la culture française » ;

– la rédaction et l’envoi de plus de 25 fiches individuelles et de 40 courriers adressés à diverses institutions, dans le but de discréditer et de stigmatiser des personnes et des associations en raison de leur appartenance religieuse réelle ou supposée ;

– des pressions, menaces et intimidations, tant psychologiques que physiques, ayant contraint l’un des plaignants à éloigner sa famille et à déménager afin de garantir leur sécurité ;

– des répercussions professionnelles et économiques directes, notamment sur l’incubateur pour l’emploi des jeunes des quartiers populaires porté par M. Khoutoul, certains partenaires s’étant retirés par crainte d’être associés à une prétendue entreprise terroriste.

Par cette condamnation, le tribunal rappelle que la diffusion d’accusations infondées, l’amalgame entre religion et terrorisme, ainsi que les pratiques de fichage ciblant des musulmans constituent des infractions pénales graves.

SOS Racisme réaffirme son soutien à M. Hamid Khoutoul et à son co-plaignant, victimes d’une campagne de haine antimusulmane, d’autant plus choquante qu’elle visait un élu de la République.

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