Danièle Obono représentée en esclave par Valeurs actuelles : SOS Racisme se réjouit de la condamnation en appel de l’hebdomadaire d’extrême-droite

Le 17 février dernier, la 17ème chambre correctionnelle du Tribunal judiciaire de Paris prononçait la condamnation de l’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs Actuelles à la suite de la publication d’une « fiction » le 27 août 2021. Dans cette « fiction », la députée Danièle Obono était réduite en esclavage dans l’Afrique du 18ème siècle.

Dans cette publication de texte et d’image, Danièle Obono expérimente, selon les mots de l’hebdomadaire, « la responsabilité des Africains dans les horreurs de l’esclavage ». Ce récit révoltant, aux propos humiliants et plus que dégradants, représentait la députée en esclave, la chaîne au cou.

SOS Racisme, partie civile à la procédure, qualifie de bienvenue la décision rendue aujourd’hui par la Cour d’appel de Paris, en ce qu’elle a confirmé la condamnation d’un dirigeant du journal et de l’auteur de l’article.

En revanche, SOS Racisme est surpris par la décision de relaxe en appel du directeur de la rédaction, pourtant condamné en première instance. La Cour d’appel a également largement réduit la portée de l’amende, qui passe de 1500 euros fermes pour chaque personne condamnée à 1000 euros avec sursis.

Pour Dominique SOPO, président de SOS Racisme, « la confirmation de l’illégalité – pour cause de racisme – de la publication de Valeurs actuelles est un motif de satisfaction. Dans une époque où, chaque jour, l’extrême-droite travaille au retour d’une parole ouvertement raciste au sein de notre société, il est important que le droit soit rappelé. Cependant, le fait que la Cour ait décidé que les amendes dues ne l’étaient plus qu’assorties d’un sursis relève d’une décision troublante. Le racisme qui se dégage de cette publication n’est pas, lui, un racisme avec sursis. De la part de l’hebdomadaire zemmouriste qui flirte chaque semaine avec l’ignominie, il est une atteinte ferme aux conditions du vivre-ensemble et à l’intégrité de groupes et de personnes, volontairement frappés du fait de leur couleur de peau. A l’instar de la décision de première instance, on attendait du tribunal de la fermeté et non un signal de clémence fort malvenu. »

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