« Ah oui, ça m’étonne pas…écoutez, on fera une fournée, la prochaine fois. » Diffusés sur le site du Front National, ce sont les mots prononcés à l’endroit de Patrick Bruel par Jean-Marie Le Pen dans son « Journal de bord » du 6 juin 2014 alors que le fondateur du Front national était interrogé au sujet de « ceux qui avaient juré de ne plus chanter en France si le Front National arrivait en tête de l’élection ».
De la part de Jean-Marie Le Pen, déjà condamné à de multiples reprises et notamment pour « contestation de crime contre l’Humanité » pour avoir qualifié les chambres à gaz de « point de détail de l’Histoire de la deuxième guerre mondiale », la référence à la « fournée » promise à une personne qu’il avait déjà attaquée dans le passé sur sa judéité ne laisse guère de doute sur la dimension antisémite de la remarque. D’ailleurs, la phrase incriminée avait, fort heureusement, provoqué un tollé.
SOS Racisme était partie civile lors de l’audience de première instance au cours de laquelle Jean-Marie Le Pen et Jean-Fançois Jalkh, alors directeur de publication du site du Front National, étaient jugés pour provocation publique à la haine raciale.
Les deux individus avaient été relaxés à l’issue de ce procès qui s’était tenu le 1er septembre 2021.
Ce 9 novembre 2022 à 13h30 se tiendra le procès en appel devant la Cour d’appel de Paris.SOS Racisme y sera à nouveau partie civile et espère voir les propos incriminés condamnés par la justice pour ce qu’ils sont : des propos qui ont franchi la ligne rouge posée par notre droit en matière d’expression.
A l’heure où les élus du FN/RN expriment à nouveau un racisme à visage découvert jusqu’au sein de notre Assemblée nationale, la condamnation du fondateur de ce parti matricé par la haine de l’Autre serait en outre un signal bienvenu.