Ce dimanche 30 juin aura lieu le premier tour des élections législatives. A cette occasion, les citoyennes et les citoyens auront à faire un choix crucial pour l’avenir de notre pays à l’heure où l’extrême-droite menace de s’emparer du pouvoir.
SOS Racisme rappelle que, à rebours de tous les « ni, ni » qui ont marqué la courte campagne électorale imposée par la décision du président de la République de dissoudre l’Assemblée nationale, le RN et ses alliés représentent les seules forces politiques porteuses d’un projet de remise en cause de la démocratie, notamment en ce qu’elle est un régime fondé sur l’affirmation de l’égalité entre toutes et tous..
C’est pourtant cette évidence qui a été brouillée ces dernières semaines par d’irresponsables renvois dos-à-dos entre le RN et le Nouveau front populaire ou, plus marginalement, entre le RN et la majorité présidentielle.
Or, tout renvoi dos-à-dos entre le RN et une autre force politique contribue – par irresponsabilité, aveuglement ou stratégie – à désingulariser le RN et donc à le rapprocher du pouvoir.
Le RN – représenté par des dizaines de candidats ouvertement racistes, antisémites, négationnistes, homophobes ou complotistes – reste bien la seule force politique fondée sur la haine de l’Autre, aussi bien dans ses discours structurés par des logiques de boucs émissaires que dans son programme qui promet la mise à bas de l’égalité de traitement entre Français et étrangers et même entre Français selon qu’ils auraient ou non une seconde nationalité. Au-delà de ces éléments programmatiques revendiqués, nul doute que la préférence nationale revendiquée par le RN ne se traduise par la mise en place, de fait ou de droit, de politiques discriminatoires et violentes à l’endroit de millions de Français d’origine immigrée.
La conception du monde portée par le RN se traduit d’ailleurs ces derniers jours par une multiplication des passages à l’acte racistes, régulièrement revendiqués par des individus se réclamant de ce parti ou d’un soutien à Jordan Bardella.
Nul ne peut ignorer que chaque circonscription qui bascule vers le RN contribue à l’émergence d’une majorité d’extrême-droite et donc à la mise en place d’un programme de destruction des acquis démocratiques auquel chacun de ses candidats adhère.
C’est pourquoi, le 30 juin, la seule attitude responsable à adopter est de voter en faveur d’un candidat ou d’une candidate en ayant en tête le seul « ni, ni » qui vaille: « ni RN, ni RN ». Sans ambiguïté.
Et c’est pourquoi, à l’issue du 1er tour, nous appelons les forces démocratiques, loin des atermoiements de ces derniers jours, à ce que, dans chacune des circonscriptions, elles se désistent en faveur du candidat le mieux placé pour battre le RN le 7 juillet.