D’après les informations relayées par Franceinfo, le nouveau Premier ministre Michel Barnier envisage le rétablissement d’un ministère de l’Immigration, héritier du tristement célèbre ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Qui plus est dans un contexte où Emmanuel Macron, dans une nouvelle couche d’irresponsabilité, a placé la survie du futur gouvernement Barnier dans les mains du RN, SOS Racisme exprime sa consternation face à cette annonce qui laisse présager une nouvelle instrumentalisation de la question migratoire dans le débat public.
Lors de son intervention sur TF1, vendredi dernier, M. Barnier a d’ailleurs souligné la nécessité de « maîtriser l’immigration de manière rigoureuse et humaniste ». Il a ajouté qu’il persiste « un sentiment que les frontières sont des passoires » et que « les flux migratoires ne sont pas contrôlés », promettant des « mesures concrètes ». Cette rhétorique, largement reprise par l’extrême droite, contribue à légitimer une idéologie qui piétine les principes fondamentaux de la République.
Si Michel Barnier persistait dans cette voie avec la création d’un ministère de l’Immigration, celui dont nous nous alarmions des positions ouvertement anti-immigrées adoptées lors de la primaire de LR pour la présidentielle de 2022 tournerait un peu plus le dos au Front républicain qui, le 7 juiller dernier, a permis de résister à celles et ceux qui alimentent l’obsession anti-immigrée.
Plus grave, à l’instar de ce que firent les gouvernements précédents avec la loi Immigration, il légitimerait les discours racistes de l’extrême droite et envoie un message clair : les immigrés et leurs descendants sont à nouveau les boucs émissaires d’une classe politique incapable de résoudre les problèmes sociaux et démocratiques profonds auxquels la France est confrontée.
Alors que la France a montré son plus beau visage lors de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris en juillet dernier, ne laissons aucun gouvernement ternir cette image de fraternité en nourrissant la haine de l’Autre.
Nous appelons les députés de l’ancienne majorité présidentielle à faire savoir leurs refus de ce qui apparaît comme une nouvelle dérive. Laisser s’aggraver cette dérive, c’est la garantie de nourrir l’extrême-droite et d’apparaître devant l’Histoire comme celles et ceux qui auront, durant de longues années, laissé prospérer les conditions de son accès au pouvoir.