Ce jeudi 11 septembre 2025, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris a condamné Alain Soral à 12 mois d’emprisonnement ferme, sans possibilité d’aménagement ab initio, à 4 000 € d’amende et à 2 000 € de dommages et intérêts pour une série d’injures publiques et de provocations à la haine dirigées contre les communautés juives et roms, ainsi que des personnalités comme Agnès Buzyn, Yves Lévy et Jérôme Guedj. SOS Racisme, partie civile dans ce procès, salue la décision prononcée à l’encontre d’un professionnel de la haine, reconnu coupable pour des propos tenus en 2020 sur VK, YouTube et le site Égalité et Réconciliation.
En effet, Alain Soral assimilait les Roms à des « virus », des « voleurs » et des « animaux », les présentant comme une « sous-race ». Ces propos déshumanisants et stigmatisants dépassent toute liberté d’expression et alimentent la haine envers une communauté déjà marginalisée.
A l’endroit des Juifs, il utilisait des expressions telles qu’« oligarchie parasitaire et prédatrice » ou « synagogue de Satan », et appelait à « nommer l’ennemi » pour « entrer en guerre ». Par ces termes, Alain Soral convoque une vieille rhétorique antisémite versant dans un complotisme obsessionnel. En effet, par ses propos bien peu originaux, Alain Soral désigne les personnes juives comme les membres d’une élite malveillante affairée à mettre en œuvre un complot juif mondial visant à nuire au peuple.
Le tribunal a également retenu le délit de provocation publique non suivie d’effet à un crime ou délit portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation, Alain Soral ayant invoqué la révolution par les armes et non par la voie démocratique, et appelé son public à participer à un mouvement insurrectionnel.
Ces propos, largement diffusés, ont eu un impact concret dans un contexte d’augmentation des actes et paroles antisémites depuis le 7 octobre ainsi que celle des actes racistes à l’encontre des Roms.
Le tribunal a retenu la gravité et la répétition des propos, l’intention de nuire, la récidive d’Alain Soral (dont le casier judiciaire comporte 29 mentions entre 2014 et 2024, avec plusieurs condamnations pour injures publiques, provocation à la haine ou contestation de crimes contre l’Humanité) ainsi que sa responsabilité éditoriale en tant que directeur de publication.
Selon Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « la condamnation d’Alain Soral est un rappel que nos lois ont tenu à empêcher que notre société soit traversée par la haine de l’Autre. A une époque où les paroles et actes racistes et antisémites se déploient avec la force qu’on leur connaît, puisse ce jugement faire réfléchir non pas tant les professionnels de la haine que celles et ceux qui, dans le débat public, relaient leurs paroles, les appuient ou font silence devant elles. »
Alain Soral, absent à l’audience, peut faire appel. En attendant, le tribunal a ordonné la publication d’un communiqué judiciaire dans Le Monde et Le Figaro, ainsi que le versement de 2 000 € de dommages et intérêts aux parties civiles, dont SOS Racisme, représentée par Maître Lucas Veil.