Projet de loi sur l’immigration : lettre aux parlementaires 

Mesdames et messieurs les parlementaires, 

Dans quelques instants, la version du projet de loi Immigration telle qu’issue de la Commission Mixte Paritaire sera soumise à votre vote. Après de longs mois de débats ouverts sous les funestes auspice d’un amalgame entre immigration et délinquance et poursuivis sous ceux des théories aussi fausses que populistes de l’appel d’air et du grand remplacement, il vous est demandé d’adopter un texte qui est la conséquence logique de cette dynamique. 

Ainsi, il vous sera demandé d’adopter un texte qui inaugurera une phase de recul des droits inédite dans notre pays à l’endroit d’un groupe volontiers jeté à la vindicte publique, à savoir les immigrés. 

Ce recul des droits, en s’attaquant au principe républicain de l’égalité, signe d’ailleurs une victoire idéologique pour l’extrême-droite qui ne s’y est pas trompée. 

Ainsi, Marine Le Pen a annoncé un vote en faveur d’un texte qui fait entrer la préférence nationale dans notre droit positif. 

Remise en cause du droit du sol qui nous ramène à la législation du début du 19ème siècle, conditionnement de prestations sociales à une présence de 5 ans sur le territoire national, recul des garanties apportées contre les expulsions, caution demandée aux étudiants étrangers, extension de la déchéance de la nationalité, restriction du regroupement familial, limitation des régularisations de travailleurs sans-papiers, retour du délit de séjour irrégulier… 

Voici ce qui structure un texte que ne sauraient sauver des améliorations brandies afin de laisser croire qu’existerait ici un quelconque équilibre entre la fermeté et l’humanité. 

Au regard de ces éléments, nous attendons de vous que vous vous prononciez contre ce projet de loi. 

Non pas de ne pas participer au vote ou de vous abstenir. 

Mais bien de voter contre, comme le commande l’attachement aux principes républicains et comme l’exige le refus d’un racisme envers les immigrés et leurs enfants, mauvaise passion qui aura été l’un des principaux carburants des débats que le ministre de l’Intérieur, avec l’assentiment du pouvoir, nous a imposés depuis l’été 2022. 

Il est trop souvent évoqué des « rendez-vous avec l’Histoire » qui n’en sont pas. 

Pourtant, aujourd’hui, vous avez un vrai rendez-vous avec l’Histoire : ce jour sera-t-il celui où vous avez décidé de dire « non » à une attaque inédite contre nos conceptions républicaines ? Ou sera-t-il celui où, en collusion avec l’extrême-droite et une droite à la dérive, vous avez décidé d’apporter votre voix à un texte infâme ? 

Dans l’attente, je vous prie, mesdames et messieurs les parlementaires, de recevoir mes salutations distinguées. 

Dominique SOPO, Président de SOS Racisme

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