Triste anniversaire de la mort de Saïd El Barkaoui : mémoire, justice et reconnaissance pour Saïd, victime d’un crime raciste.

Ce 20 mai 2021 sera un bien triste anniversaire. Trois ans plus tôt, à Ychoux (Landes), un homme aveuglé par la haine raciste tirait cinq balles sur Saïd El Barkaoui aux cris de « Sale arabe ». Le 4 juin 2018, Saïd décédait, laissant derrière lui six enfants privés de leur père et une famille privée de leur fils, frère ou oncle.

Au terme de ces trois années de procédure, la famille et les parties civiles comptent sur le procès pour obtenir justice et aspirent à une reconnaissance sociale de ce crime raciste.

A l’automne prochain, le mis en examen sera convoqué devant la Cour d’assises de Mont-de-Marsan pour tentative de meurtre avec préméditation, en raison de l’appartenance réelle ou supposée à une ethnie, une nation ou une prétendue race. Pourtant, depuis décembre 2019 et à la suite d’une décision de la Cour d’appel de Pau, le mis en examen est en liberté sous contrôle judiciaire.

A ce jour, les parties civiles – la famille de Saïd ainsi que les associations antiracistes – ne comprennent toujours pas comment l’auteur de faits racistes aussi dramatiques peut profiter de la liberté, même contrôlée, dans l’attente de son procès.

Au-delà de cette décision injuste, le silence médiatique sur le plan national à l’égard de ce crime raciste témoigne sans doute d’une difficulté de notre pays à regarder en face et à condamner la malveillance raciste qui se déploie dans notre pays depuis plusieurs années.

En effet, faut-il croire que le désintérêt médiatique pour ce drame raciste qui s’est déroulé à quelques mois d’intervalle de celui de Mireille Knoll et de Mamoudou Barry, dans un village de province à l’encontre d’un enfant du pays, fils de l’immigration maghrébine, dévoilerait une tendance à ignorer le racisme, en particulier anti-arabe, surtout dans ses formes les plus violentes ?

Faut-il y voir un désintérêt dès lors que de tels faits se déroulent loin d’une grande métropole ? Faut-il y voir aussi une volonté de traiter comme un fait divers ce qui n’en est pourtant pas un, tant le racisme en actes, au-delà de tel ou tel acte ou de telle ou telle victime, dit quelque chose de la haine qui circule dans notre société ?

A l’heure où les clivages au sein de la population sont sans cesse alimentés, il est essentiel que la lumière soit mise sur les faits racistes, sur leurs mécanismes et sur celles et ceux qui les dénoncent et les combattent. C’est là l’un des beaux rôles des médias. Nous sommes au regret de constater qu’il n’a malheureusement pas été correctement rempli car seuls les médias locaux s’y sont tenus. Les événements à venir (rassemblement, procès) seront autant d’occasion d’y remédier.

En mémoire de Saïd El Barkaoui, pour la justice et pour une pleine reconnaissance sociale de ce crime,

Rassemblement le samedi 5 juin à 11h, place Saint-Roch à Mont-de-Marsan (40)

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