Quand Noël Le Graët minimise le racisme dans le foot

En s’exprimant hier sur BFM Business, Noël Le Graët, président de la FFF, s’est illustré par la légèreté avec laquelle il traite des questions de racisme dans le football.

En effet, interrogé sur le fait que Neymar, joueur du PSG, s’est plaint des propos racistes qu’un joueur de l’équipe adverse lui aurait adressés, Noël Le Graët a eu pour seule réaction la négation ou la minimisation du racisme dans le monde du football.

Une fois de plus, il apparaît que les instances dirigeantes du football sont réticentes à prendre le problème avec sérieux, au point d’entendre l’un des principaux dirigeants du football français expliquer qu’il ne s’est pas penché sur cette affaire, avant de déployer une analyse digne du café du commerce : ainsi, selon Noël Le Graët, le fait que « les blacks » sont applaudis dans les stades quand ils marquent des buts sont la preuve d’un écosystème sportif exempt de problématique de racisme.

SOS Racisme demande à Noël Le Graët en particulier et aux instances dirigeantes du football français de cesser de traiter les questions de racisme avec un tel dédain.

SOS Racisme rappelle par ailleurs qu’elle attend toujours de la LFP qu’elle ouvre une enquête sur les propos racistes que Neymar dit avoir subis de la part d’Alvaro Gonzalez, joueur de l’équipe adverse, lors de la rencontre PSG-OM de dimanche dernier. Lors de cette demande d’ouverture d’enquête que nous avions formulée conjointement avec Sportitude-France, nous avions rappelé que les alertes que le joueur brésilien a lancées à l’un des arbitres n’avaient abouti à aucune réaction de ce dernier. A notre connaissance, la commission disciplinaire de la LFP se penchera uniquement sur les réactions de Neymar, sans que soit réellement pris en considération le potentiel contexte raciste.

Il n’est pas admissible que les victimes du racisme, qu’il s’agisse de joueurs professionnels surmédiatisés ou de joueurs amateurs qui subissent des insultes sur les bords d’un terrain où ne tourne aucune caméra, soient à ce point renvoyés par les instances dirigeantes du football à la solitude des agressions racistes qui les frappent. La détermination de ces instances à lutter contre le racisme dans le football ne peut décidément pas s’exprimer uniquement lorsque des victimes, à l’image de Prince Gouano, se révoltent et arrivent à entraîner un émoi suffisamment médiatisé.

SOS Racisme demande enfin à la ministre des Sports de prendre toutes mesures utiles pour que ne soient plus tolérées ces sorties récurrentes de minimisation du racisme par des dirigeants de fédérations sportives. Une minimisation dont le corollaire est la tout aussi inacceptable absence de véritables actions de lutte contre ce phénomène nié. L’expression du racisme est un délit qui demande des actions à la hauteur de l’atteinte à la dignité des personnes et au lien social qu’il occasionne.

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