SOS Racisme mène des actions visibles dans l’espace public : tractages, interventions directes, micro-trottoirs et autres actions de sensibilisation sont au cœur de notre stratégie de mobilisation. Ces moments de rencontre avec le public permettent de diffuser nos messages et d’éveiller les consciences face à l’inacceptable. Nos actions se multiplient pour lutter contre toutes les formes de haine qui sont une menace permanente dans notre société.
Les happenings sont une autre forme de mobilisation : des actions rapides, visibles et symboliques, qui font parler et qui interpellent. SOS Racisme a mené plusieurs actions marquantes comme celle lors du meeting du candidat raciste Eric Zemmour en 2021 à Villepinte. À chaque étape, notre objectif est clair : dénoncer l’extrême-droite, le racisme, l’antisémitisme et toutes les formes de discriminations.
Ces actions peuvent aussi permettre d’interroger la mémoire collective en dénonçant les figures historiques problématiques encore célébrées dans l’espace public, tout en rendant visibles celles et ceux dont l’histoire a été invisibilisée.
Par exemple, le 19 mars 2021, SOS Racisme a organisé un happening sur l’avenue Bugeaud à Paris, dans le 16e arrondissement. Nos militants avaient détourné des plaques de l’avenue Bugeaud en « Avenue des enfumades », « Avenue du criminel Bugeaud » pour dénoncer l’hommage à cette figure militaire associée à la violence du passé colonial. Ces détournements visaient non pas à vandaliser les plaques originales, mais à interpeller le public et à inciter à un débat sur la pertinence de conserver dans l’espace public des noms honorant des figures controversées de l’histoire coloniale. SOS Racisme milite pour une révision des symboles dans l’espace public afin qu’ils reflètent des valeurs d’inclusion, de justice et de reconnaissance des traumatismes historiques.
En effet, depuis sa création, SOS Racisme s’engage dans un travail mémoriel visant à éclairer le présent par la compréhension du passé et de ses héritages, tout en travaillant à construire des projets et des outils pour améliorer les échanges de jeunes dans une société plus juste et plus égalitaire. Cet engagement s’incarne à travers des projets tels que Regards Croisés, mais aussi à travers une large participation à des commémorations, des actions de sensibilisation et des initiatives dans l’espace public. L’association ne se contente pas de « dire » l’Histoire : elle cherche à la dépasser, en transformant la mémoire en un outil de dialogue et de lutte contre les inégalités. SOS Racisme organise ou participe régulièrement à des commémorations qui portent sur des événements marquants de l’Histoire, comme : La Rafle du Vel d’Hiv, La Nuit de Cristal, L’abolition de l’esclavage, Le génocide arménien, Le génocide des Tutsis au Rwanda, Les actes racistes ou antisémites en France : 17 octobre 1961, les meurtres de Malik Oussekine, Brahim Bouarram, Ilan Halimi, etc.
SOS Racisme est présent sur des événements populaires, comme le festival Solidays, la Fête de l’Humanité ou le Festival COP1. Ces grands rassemblements sont des moments idéaux pour nous retrouver, échanger, et diffuser nos idées. C’est dans ces espaces que nous rencontrons des milliers de personnes et que nous avons l’opportunité d’ouvrir le dialogue sur des thèmes essentiels, notamment la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’extrême-droite.
Former les militantes et les militants est en effet essentiel pour porter nos combats et nos valeurs. Il s’agit de donner les moyens de maîtriser les outils d’action qui relèvent de la mobilisation citoyenne, de l’éducation populaire ou de l’action juridique. Il s’agit aussi de créer ce sentiment d’appartenance à une famille, à une histoire commune dans une logique de transmission d’une génération de potes à une autre.
Pour ce faire, nous développons nos programmes de formations lors de temps dédiés au cours de l’année et lors des rendez-vous réguliers de l’association : une formation générale à l’analyse de l’actualité politique, des conférences thématiques autour du racisme, de l’extrême droite, du passé colonial et de ses conséquences actuelles, de la géopolitique et de ses influences en France, et des groupes de travail thématiques sur les différents projets de l’association.
Par ailleurs, pour permettre une montée en compétences de celles et ceux dont l’engagement mène à prendre des responsabilités localement ou nationalement, nous proposons des temps de formations pour questionner les enjeux de société. Des cycles réguliers sont ainsi proposés autour des sujets portés par SOS Racisme en continuant d’inviter des personnalités notamment du monde de la recherche, du monde syndical, associatif, politique : ces temps peuvent nourrir notre réflexion en contribuant à penser la complexité et à rechercher les moyens d’action efficaces. Ces temps permettent encore de nous saisir des ouvrages qui donnent à réfléchir pour mieux agir. Au-delà du travail quotidien d’accompagnement des responsables de comités par des référents salariés et membres du bureau national, les responsables des comités de SOS Racisme bénéficient également de formations dispensées lors du séminaire des présidents de comité. Celle-ci porte spécifiquement sur la gestion et l’administration d’un comité local, l’animation d’un réseau de bénévoles, le démarchage de partenaires et encore le développement d’outils de communication.
L’ensemble de ces formations a permis de fournir aux bénévoles de l’association des clés pour appréhender les enjeux d’actualités, œuvrer au lien social, à l’éveil à la citoyenneté et à l’engagement sur chaque territoire.