Cette méthodologie, importée en France par SOS Racisme dans les années 1990, constitue aujourd’hui un outil de lutte puissant contre les discriminations, reconnu comme mode de preuve recevable devant les juridictions pénales et civiles. Héritée des luttes pour les droits civiques aux États-Unis, où elle fut utilisée par des associations afro-américaines pour exposer les discriminations raciales systématiques dans l’accès au logement, cette approche rigoureuse exige une mobilisation conséquente et une préparation minutieuse.
En 1995, SOS Racisme a adapté cette méthode au contexte français en lançant les premiers testings dans les boîtes de nuit, dénonçant les pratiques discriminatoires à l’entrée des établissements. Progressivement, cette méthodologie a été élargie à d’autres secteurs cruciaux tels que l’emploi et le logement, révélant des inégalités structurelles et contribuant à une prise de conscience nationale sur la réalité et l’ampleur des discriminations raciales.
Grâce à la ténacité de SOS Racisme, la Cour de cassation, par un arrêt historique du 11 juin 2002, a consacré le testing comme une preuve légale devant les tribunaux pénaux, marquant une avancée majeure dans la reconnaissance des discriminations et le combat pour leur répression. Cette victoire juridique, fruit d’une lutte acharnée, illustre l’importance d’un engagement déterminé face à des systèmes profondément inégalitaires. SOS Racisme continue à faire de cette méthodologie un levier essentiel pour dénoncer et combattre les injustices dans tous les domaines de la société.
L’utilisation du testing par SOS Racisme est réalisée dans deux cadres distincts :
Outil de sensibilisation et de plaidoyer : campagnes de testing pour mettre en évidence des pratiques discriminatoires, sensibiliser l’opinion publique et interpeller politiquement et médiatiquement les professionnels concernés et les pouvoirs publics sur la nécessité de prévenir et sanctionner ces discriminations.
Le testing est un outil indispensable pour faire progresser la lutte contre les discriminations, défendre l’égalité et exiger que justice soit rendue. Il constitue bien plus qu’un simple moyen de preuve : il représente un acte politique, une dénonciation publique des mécanismes d’exclusion systémiques qui gangrènent notre société. Les résultats obtenus grâce à ces actions témoignent de l’impact de notre mobilisation et de la pertinence de nos méthodes. Ces campagnes de testing ont non seulement permis de condamner des pratiques discriminatoires, mais elles ont également contraint certaines entreprises à revoir leurs politiques internes, révélant ainsi leur complicité passive ou active dans la reproduction des inégalités. À travers cette démarche, SOS Racisme agit non seulement comme un acteur judiciaire, mais aussi comme un catalyseur de transformations sociales et politiques, indispensable pour bâtir une société véritablement égalitaire.
Voici comment ça fonctionne :
Si le « profil test » se voit refuser l’accès tandis que le « profil contrôle » est accepté, cela révèle une discrimination basée sur la couleur de peau.
Grâce à cette approche comparative, le testing permet de prouver ces inégalités de manière objective et solide. Ces résultats peuvent être utilisés comme preuve devant les tribunaux, facilitant ainsi les poursuites judiciaires pour que les discriminations soient sanctionnées. Pour SOS Racisme, le recours à la justice est un enjeu majeur, qui doit garantir l’égalité de traitement entre les individus : égalité dont les institutions de la République doivent se porter garant. En multipliant les « testing », ensemble nous arriverons à faire du principe d’égalité une réalité quotidienne.
Par exemple, dans le testing à l’emploi, le processus consiste à envoyer deux types de CV, identiques en termes d’expérience, d’âge et de qualifications, à la seule différence de l’origine ethnique indiquée ou supposée, afin de mesurer l’impact de ce critère sur les réponses des recruteurs.
Dans le domaine du logement, SOS Racisme utilise la méthode des testings inversés. Cette approche implique de se présenter comme des propriétaires qui expriment ouvertement des demandes racistes – par exemple, en demandant à l’agent immobilier d’éviter de louer à des personnes racisées – pour évaluer la réaction de celui-ci. Il s’agit de déterminer si l’agent immobilier refuse de se conformer à la demande discriminatoire ou, au contraire, accepte de collaborer en se livrant à un profilage racial explicite. Dans ces cas, le testeur est un propriétaire qui dit : « Je ne veux pas louer à telle ou telle personne » en se référant à une origine supposée. Les réactions observées mettent en lumière des pratiques très problématiques : certains experts refusent toute discrimination, d’autres acceptent, parfois en allant jusqu’à faire figurer sur leurs documents l’origine supposée des locataires.
Ces tests inversés mettent en lumière la façon dont des agents immobiliers, qui sont censés se conformer à la loi et favoriser une égalité d’accès au logement, se retrouvent complices de pratiques racistes. Ils soulignent un système dans lequel les discriminations raciales sont non seulement acceptées, mais parfois légalisées par des acteurs économiques.
En ce qui concerne les testings en boîte de nuit, chaque groupe participant au testing était composé de manière similaire, tous de la même tranche d’âge et habillés conformément aux standards des établissements ciblés. La seule différence entre les groupes résidait dans leur origine supposée. Ainsi, un premier trinôme était perçu comme d’origine française ou européenne, un second comme d’origine subsaharienne, et un troisième comme d’origine maghrébine. L’objectif de cette opération était de mesurer et de mettre en lumière les différences de traitement liées à l’origine ethnique présumée des individus.e, en mettant en évidence les discriminations et les préjugés encore présents dans notre société.
L’objectif de ce testing est de montrer que les discriminations ne se limitent pas aux domaines institutionnels tels que l’accès au logement ou à l’emploi : elles s’étendent également aux espaces de détente et de loisirs, renforçant ainsi l’exclusion des individus racisés dans leur vie quotidienne. Ces injustices, minimisées dans des situations où il est essentiel de privilégier le respect et l’égalité, mettent en lumière l’ampleur des préjugés systémiques qui règnent dans notre société. Les services appelés « loisirs » sont tout aussi importants que d’autres types de biens ou de services, et contribuent à la même cause que les autres tests.
Quelques exemples
de nos testings
Discrimination dans
les établissements de loisirs
À l’été 2024, SOS Racisme a mené une série de testings sur les plages privées de la Côte d’Azur, en caméra cachée. L’objectif était de vérifier si des pratiques discriminatoires subsistent dans l’accès à ces espaces.
Les résultats sont alarmants : des refus d’accès ont été constatés à l’encontre de personnes racisées, des tarifs discriminatoires ont été appliqués aux personnes noires, et d’autres pratiques excluantes ont été observées. Comme chaque année, l’association a parcouru la Côte d’Azur en caméra cachée pour dénoncer ces comportements. Le constat est malheureusement sans surprise : certains établissements continuent de pratiquer la discrimination.
En 2023, SOS Racisme a organisé une nuit de testing dans plusieurs clubs renommés de Paris, en partenariat avec Mediapart, afin d’évaluer l’impact des critères ethniques sur les conditions d’entrée. Des clubs renommés comme L’Aquarium ou L’Arc Paris ont appliqué des prix d’entrée jusqu’à dix fois plus élevés pour les personnes noires ou maghrébines.
Ces discriminations flagrantes révèlent une réalité persistante dans l’accès à certains lieux de divertissement parisiens.
Campagne nationale
de testing inversé
En 2022, SOS Racisme a mené une campagne nationale de testing inversé visant à mesurer le niveau d’acceptation, par les agences immobilières, de demandes ouvertement discriminatoires.
Des testeurs se sont fait passer pour des propriétaires exprimant explicitement le souhait de ne pas louer leur bien à des personnes d’origine maghrébine ou subsaharienne. Sur 136 agences contactées dans plusieurs grandes villes françaises, 49 % ont accepté ou facilité ces critères illégaux, en enfreignant l’article 225-1 du Code pénal.
Cette campagne, menée dans plusieurs grandes villes françaises, met en lumière la banalisation des pratiques discriminatoires dans le secteur locatif et souligne la nécessité de renforcer les contrôles et les sanctions à l’égard des intermédiaires.
Cette méthodologie, importée en France par SOS Racisme dans les années 1990, constitue aujourd’hui un outil de lutte puissant contre les discriminations, reconnu comme mode de preuve recevable devant les juridictions pénales et civiles. Héritée des luttes pour les droits civiques aux États-Unis, où elle fut utilisée par des associations afro-américaines pour exposer les discriminations raciales systématiques dans l’accès au logement, cette approche rigoureuse exige une mobilisation conséquente et une préparation minutieuse.
En 1995, SOS Racisme a adapté cette méthode au contexte français en lançant les premiers testings dans les boîtes de nuit, dénonçant les pratiques discriminatoires à l’entrée des établissements. Progressivement, cette méthodologie a été élargie à d’autres secteurs cruciaux tels que l’emploi et le logement, révélant des inégalités structurelles et contribuant à une prise de conscience nationale sur la réalité et l’ampleur des discriminations raciales.
Grâce à la ténacité de SOS Racisme, la Cour de cassation, par un arrêt historique du 11 juin 2002, a consacré le testing comme une preuve légale devant les tribunaux pénaux, marquant une avancée majeure dans la reconnaissance des discriminations et le combat pour leur répression. Cette victoire juridique, fruit d’une lutte acharnée, illustre l’importance d’un engagement déterminé face à des systèmes profondément inégalitaires. SOS Racisme continue à faire de cette méthodologie un levier essentiel pour dénoncer et combattre les injustices dans tous les domaines de la société.
L’utilisation du testing par SOS Racisme est réalisée dans deux cadres distincts :
Le testing permet d’appuyer la plainte d’une victime qui nous a contacté lors des permanences juridiques ou spontanément, en recueillant des éléments de preuve de discriminations raciales, notamment dans les domaines de l’emploi et du logement.
Outil de sensibilisation et de plaidoyer : campagnes de testing pour mettre en évidence des pratiques discriminatoires, sensibiliser l’opinion publique et interpeller politiquement et médiatiquement les professionnels concernés et les pouvoirs publics sur la nécessité de prévenir et sanctionner ces discriminations.
Le testing est un outil indispensable pour faire progresser la lutte contre les discriminations, défendre l’égalité et exiger que justice soit rendue. Il constitue bien plus qu’un simple moyen de preuve : il représente un acte politique, une dénonciation publique des mécanismes d’exclusion systémiques qui gangrènent notre société. Les résultats obtenus grâce à ces actions témoignent de l’impact de notre mobilisation et de la pertinence de nos méthodes. Ces campagnes de testing ont non seulement permis de condamner des pratiques discriminatoires, mais elles ont également contraint certaines entreprises à revoir leurs politiques internes, révélant ainsi leur complicité passive ou active dans la reproduction des inégalités. À travers cette démarche, SOS Racisme agit non seulement comme un acteur judiciaire, mais aussi comme un catalyseur de transformations sociales et politiques, indispensable pour bâtir une société véritablement égalitaire.
A titre d’exemple, récemment, SOS Racisme a réalisé les testings suivants :
SOS Racisme a mené plusieurs opérations de testing à l'été 2024, notamment sur les plages privées.
À l'été 2024, SOS Racisme a mené une série de testings sur les plages privées de la Côte d’Azur, en caméra cachée. L’objectif était de vérifier si des pratiques discriminatoires subsistent dans l’accès à ces espaces.
Les résultats sont alarmants : des refus d'accès ont été constatés à l'encontre de personnes racisées, des tarifs discriminatoires ont été appliqués aux personnes noires, et d'autres pratiques excluantes ont été observées. Comme chaque année, l'association a parcouru la Côte d'Azur en caméra cachée pour dénoncer ces comportements. Le constat est malheureusement sans surprise : certains établissements continuent de pratiquer la discrimination.
En 2023, SOS Racisme a organisé une nuit de testing dans plusieurs clubs renommés de Paris, en partenariat avec Mediapart, afin d’évaluer l’impact des critères ethniques sur les conditions d’entrée .Des clubs renommés comme L’Aquarium ou L’Arc Paris ont appliqué des prix d’entrée jusqu’à dix fois plus élevés pour les personnes noires ou maghrébines.
Ces discriminations flagrantes révèlent une réalité persistante dans l'accès à certains lieux de divertissement parisiens.
Nos victoires – Testings & discriminationsEn 2022, SOS Racisme a mené une campagne nationale de testing inversé visant à mesurer le niveau d’acceptation, par les agences immobilières, de demandes ouvertement discriminatoires.
Des testeurs se sont fait passer pour des propriétaires exprimant explicitement le souhait de ne pas louer leur bien à des personnes d’origine maghrébine ou subsaharienne. Sur 136 agences contactées dans plusieurs grandes villes françaises, 49 % ont accepté ou facilité ces critères illégaux, en enfreignant l’article 225-1 du Code pénal.
Cette campagne, menée dans plusieurs grandes villes françaises, met en lumière la banalisation des pratiques discriminatoires dans le secteur locatif et souligne la nécessité de renforcer les contrôles et les sanctions à l’égard des intermédiaires.