Origine
du projet
Salam Shalom Salut » est un projet mis en place en 2018, à la suite, notamment, du meurtre antisémite de Mireille Knoll à Paris.
À cette occasion, nous avions perçu la manière dont la lutte contre l’antisémitisme pouvait être manipulée par l’extrême-droite dans une logique anti-arabe ou antimusulmane et comment la lutte contre le racisme pouvait servir de prétexte à démoniser la figure du Juif.
Nous avions alors estimé qu’il était particulièrement urgent pour la jeunesse de promouvoir le vivre-ensemble, en affirmant qu’elle était composée de femmes et d’hommes qui ne se laisseraient pas embrigader dans la haine et le ressentiment, mais qui, au contraire, souhaitaient se rassembler autour des valeurs de l’égalité et de la fraternité.
C’est pourquoi nous avons formé un groupe de jeunes, essentiellement juifs et arabo-musulmans, engagés à SOS Racisme. Ce groupe a sillonné la France à la rencontre des personnes qui agissent au quotidien pour ce vivre ensemble : habitants, professionnels intervenants en milieu scolaire et périscolaire, acteurs associatifs, élus, artistes.
Le message était, pour ces jeunes juifs et jeunes arabo-musulmans, de dire qu’ils :
étaient toutes et tous construits sur des identités complexes, loin d’identités simplifiées et exclusives
refusaient d’entrer dans le cycle funeste des confrontations identitaires
avaient la volonté de lutter ensemble contre le racisme et l’antisémitisme
Le projet
d’aujourd’hui
À l’aube de 2025, le constat demeure, peut-être plus inquiétant encore. La mort d’un jeune d’origine maghrébine à Nanterre a suscité la joie mauvaise des racistes, tandis que le conflit au Proche-Orient a embrasé les esprits et servi de prétexte, en France, à la multiplication des actes antisémites et à la libération d’une parole raciste.
Les atrocités commises par les terroristes du Hamas contre des civils israéliens, la riposte de l’armée israélienne frappant des dizaines de milliers de civils gazaouis, puis les réactions qu’elles ont provoquées à travers le monde, ont ravivé un antisémitisme virulent.
Dans le même temps, sur les plateaux de télévision, la parole raciste retrouve un nouveau souffle. Les personnes arabo-musulmanes sont assimilées au terrorisme et à la barbarie par une rhétorique essentialisante, qui n’est rien d’autre que du racisme aux conséquences bien réelles, comme en témoignent les ratonnades ou les tentatives de ratonnades que l’on croyait appartenir au passé.
Il nous appartient donc de démontrer que notre jeunesse ne se laissera pas entraîner vers un avenir funeste, où elle servirait de chair à canon aux idéologues de la haine. L’avenir de la jeunesse n’est pas d’inscrire « mort aux Juifs » sur des portes, ni de participer à des ratonnades ou d’y applaudir. Il n’est pas de propager la haine ou la peur de l’immigré.
Pour nous, l’avenir de la jeunesse réside dans l’engagement pour un futur de solidarité, d’égalité et de combats communs contre le racisme et l’antisémitisme. Dans une société française plus fracturée que jamais, le projet « Salam Shalom Salut » devra en 2025 se déployer avec encore plus de force.
Alors que certains évoquent l’inéluctabilité d’une guerre civile ou redoutent un accident démocratique lors de la prochaine élection présidentielle, nous refusons la résignation. Nous avons la conviction que nous ne sommes pas condamnés à être les spectateurs d’une course vers l’abîme. Loin du défaitisme, nous croyons en une France portée par celles et ceux qui considèrent la promesse républicaine comme une œuvre toujours inachevée, qu’il nous appartient de rendre plus réelle chaque jour.
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Déploiement
du tour de france
Un groupe d’une quinzaine de jeunes engagés à SOS Racisme ainsi que dans des associations partenaires comme Jalons pour la Paix sera mobilisé pour se déplacer dans une dizaine de villes en France dont Paris, Bordeaux, Perpignan, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Strasbourg, Sarcelles, Aubervilliers, Mantes-la-Jolie, Nanterre et Saint-Denis.
Arabes, juifs, mais également athées, noirs, français ou étrangers, chrétiens, musulmans, blancs…, ces jeunes auront suivi plusieurs temps de formations autour de thématiques historiques – telles que le conflit israélo-palestinien – mais aussi pratiques, afin de maitriser leurs récits de vie sur lesquels s’appuieront les discussions et débats.
Ce groupe sera composé de personnes arabo-musulmanes, juives, mais également de différentes origines et horizons, afin d’ouvrir ces espaces de dialogue à l’ensemble de la jeunesse souhaitant s’engager contre le racisme et l’antisémitisme.
Lorsque se déploient avec tant de virulence les effets du racisme et de l’antisémitisme dans une société, il n’appartient pas aux seules victimes directes, en l’occurrence les Arabo- musulmans et les Juifs, de s’en défendre. Il est urgent et impératif de rappeler cette belle idée qui est à l’origine même du slogan de SOS Racisme : « Touche pas à mon pote ».
Ce message, cette aspiration à l’égalité et à la solidarité, est la dynamique dans laquelle nous souhaitons inscrire cette nouvelle édition du projet « Salam Shalom Salut » qui se déroulera de janvier à avril 2025.
collégiens, lycéens et centre sociaux
rassemblant les habitants de la ville
L’objectif des différentes étapes « Salam Shalom Salut » est de permettre de recréer des espaces de discussion, si rares et pourtant si précieux en ces temps troublés, et de s’adresser au plus grand nombre et en particulier à la jeunesse.
Ces espaces de dialogue permettront d’aborder en profondeur la question des identités et du vivre-ensemble, dans un format interactif propice aux échanges, tout en mettant en avant les associations locales qui travaillent au quotidien à la citoyenneté et l’engagement des habitants.