« Un bicot comme ça, ça ne nage pas » : SOS Racisme se félicite de la confirmation de la condamnation pour injure raciale mais déplore la relaxe partielle des policiers

Dans l’affaire de la violente interpellation d’un ressortissant égyptien de 29 ans sur l’Île Saint Denis (93) en avril 2020, la Cour d’appel a confirmé le mercredi 15 novembre 2023 la condamnation pour injure raciale du policier qui avait injurié la victime de « bicot ».

Cependant, l’association déplore l’allègement de la peine à l’endroit de ce fonctionnaire, qui se voit infliger une simple amende avec sursis en lieu et place des 6 mois de prison avec sursis prononcés en 1ere instance.

En outre, l’association déplore que la Cour ait décidé de relaxer les policiers accusés de violences volontaires aggravées et d’abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité d’une personne.

Le 26 avril 2020, des policiers avaient interpellé à l’Île-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) l’individu qui avait tenté, selon des sources policières, de prendre la fuite en se jetant dans la Seine. Après l’avoir sorti du fleuve, un des policiers avait déclaré : « Il ne sait pas nager, un bicot comme ça, ça ne nage pas », selon une vidéo captée par un riverain et diffusée sur X (ex-Twitter) « Ah, ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied », lui répondait un collègue. La victime a déclaré avoir reçu de nombreux coups dans le fourgon de police lors du transfert au commissariat, ce qui pouvait être entendu dans la vidéo diffusée sur X.

En réaction à cette affaire, l’association SOS Racisme, partie civile au procès, avait publié une tribune dans Le Parisien et lancé une pétition pour appeler à une prise de conscience et demander des actions contre le racisme dans la police.

Tout en se félicitant de la condamnation d’un policier pour injure raciale, SOS Racisme déplore la décision de la Cour d’appel de diminuer la peine de ce policier et de relaxer ses collègues. Cette décision, dans la droite ligne des réquisitions du Parquet, témoigne d’une grande clémence accordée aux membres des forces de l’ordre.

Pour Dominique SOPO, président de SOS Racisme, « cette décision relève du « service minimum ». Elle s’inscrit dans une ambiance délétère au fondement de laquelle se trouve des dysfonctionnements institutionnels. Dysfonctionnement d’un corps policier réticent à traiter du racisme et des violences qui entachent ses missions pourtant essentielles. Mais aussi dysfonctionnement d’une justice qui, après avoir dit le droit avec rigueur en 1ère instance, délivre un verdict d’une inquiétante indulgence.»

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