SOS Racisme Lyon réaffirme son refus de la violence et demande l’interdiction de la marche prévue ce samedi en hommage à Quentin Deranque

Tout d’abord, SOS Racisme Lyon, fidèle à l’ADN non-violent de l’association, condamne avec la plus grande fermeté les faits survenus. Aucun jeune ne devrait mourir pour ses idées, aussi radicalement opposées soient-elles aux nôtres. En dehors des cas de légitime défense, la violence ne peut en aucun cas constituer un moyen politique. C’est pourquoi nous continuerons à combattre sans relâche l’extrême droite, famille politique à laquelle appartenait Quentin Deranque, par le droit, les manifestations, les interventions en milieu scolaire ou les confrontations verbales.

C’est ce refus de la violence qui nous conduit à formuler de vives inquiétudes suite à l’annonce de l’organisation ce samedi à Lyon d’une marche en hommage à Quentin Deranque.

Le profil des organisateurs de cette marche laisse supposer qu’elle drainera des individus radicalisés et violents. Cette inquiétude est d’autant plus vive que la famille, qui n’a cessé de lancer des appels au calme depuis le drame qui l’a frappée, sera absente de cette marche.

En outre, cette marche s’inscrit à Lyon, c’est-à-dire dans une ville qui, depuis des années, est devenue un terrain de jeu des groupuscules d’extrême droite. Favorisées par la coupable inaction des pouvoirs publics, les violences exercées dans le Vieux-Lyon par ces groupuscules, visant à faire régner la terreur dans de larges pans de la population, ne sont pas sans rapport avec le fait que les affrontements qui ont mené à la mort de Quentin Deranque se sont déroulés dans notre ville.

Kyllian Abdelli, président de SOS Racisme Lyon, rappelle que « nous n’avons cessé d’alerter sur la présence, dans la région, de groupuscules d’extrême droite et néonazis qui font de la violence un mode d’action assumé, nourri par une idéologie de « reconquête du territoire ».

Les ratonnades répétées, ainsi que certaines condamnations récentes, en témoignent. A titre d’exemple, en 2024, Sinisha Milinov, ancien porte-parole du groupe identitaire Les Remparts, a été condamné à six mois de prison ferme pour une agression raciste au couteau ayant grièvement blessé la victime. Lutter contre ces violences, c’est avant tout lutter contre ces groupes d’extrême droite qui instrumentalisent et embrigadent la jeunesse dans le fantasme dangereux d’une « France à reconquérir » par la force.

Afin d’éviter que le cycle de la violence se poursuive, nous demandons au préfet d’interdire la marche appelée ce samedi en hommage à Quentin Deranque. A défaut, nous demandons au préfet de prendre toutes les mesures nécessaires afin que cette marche ne soit pas le probable prétexte à des exactions – notamment racistes – dans la ville de Lyon.

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