A Avignon, la fresque qui représentait Jacques Attali manipulant Emmanuel Macron a été effacée, comme l’avait annoncé plus tôt le président du Grand Avignon, la communauté d’agglomération propriétaire du bâtiment sur lequel apparaissait la fresque. Une issue « heureuse » tant cette fresque empestait l’antisémitisme. On y voyait en effet l’incarnation du Juif (Attali) manipulant dans l’ombre un pouvoir honni (Macron). Une mise en scène qui n’était pas sans rappeler l’iconographie antisémite de l’entre deux guerres représentant le Juif en tireur de ficelles.
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « l’effacement de la fresque est évidemment bienvenu. Mais que le fait qu’elle ait pu exister en dit long sur l’état de notre société après le succès du RN aux législatives ».
Elle en dit d’autant plus que le président du Grand Avignon, à la grande joie de la fachosphère, a initialement refusé le retrait de cette fresque au nom de la… « liberté d’expression ». Joël Guin continue par ailleurs de nier la connotation antisémite de cette fresque, disant la retirer en raison uniquement du fait de l’insistance du préfet du Vaucluse. Rappelons que monsieur Guin a été élu à la présidence du Grand Avignon il y a 2 ans avec les voix des maires RN de l’agglomération.
Au-delà, cette fresque – intitulée « La bête 2 » – a bel et bien existé dans l’espace public. C’est pourquoi SOS Racisme demande à la procureure d’Avignon d’étudier les suites judiciaires que cette exhibition d’antisémitisme est susceptible d’entraîner.