Ce jeudi 21 mai 2026 à 13h30, l’auteur du compte Instagram « Helix Dijon » a été condamné par la 17ᵉ chambre du tribunal correctionnel de Paris pour provocation publique à la discrimination en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion. Le jugement prononce une peine de 3 mois d’emprisonnement avec sursis, une suspension de 6 mois du compte Instagram « Helix Dijon » ainsi qu’une interdiction de créer de nouveaux comptes d’accès à ce réseau social. L’auteur a également été condamné au paiement de dommages et intérêts à hauteur de 1 000€ pour SOS Racisme, partie civile au procès et représenté par Maître Clara STEG.
Les poursuites font suite à la publication, en juillet 2024, d’une image diffusée sur ce compte se revendiquant d’une « jeunesse alternative, identitaire et nationaliste ». On y voit un surfeur blond tenant une planche sur laquelle figure l’inscription « Ausländer raus » (« étrangers dehors »), accompagnée de la mention « White Boy Summer » (« été des garçons blancs »).
Ces slogans renvoient à une rhétorique bien connue de l’extrême droite radicale, valorisant une identité raciale prétendument menacée et appelant à l’exclusion des personnes étrangères ou perçues comme telles. Leur diffusion sur les réseaux sociaux participe à la banalisation de discours racistes et à la normalisation de références issues de l’imaginaire néonazi.
La publication s’inscrivait dans la promotion d’un événement organisé à Dijon dans un cadre militant identitaire, illustrant la manière dont certains groupuscules utilisent aujourd’hui les réseaux sociaux pour diffuser leurs codes, recruter et banaliser des slogans racistes. Cet évènement avait été interdit par la préfecture à la suite du signalement effectué par SOS Racisme.
Face à la banalisation croissante des discours de haine dans l’espace public et numérique, SOS Racisme se félicite de la réponse judiciaire claire qui rappelle que « des propos qui visent à propager, provoquer ou justifier la haine sur un fondement d’intolérance » constituent des « discours de haine » qui n’ont pas leur place dans notre démocratie.