Retour sur la nuit de cristal : dans la nuit du 9 au 10 Novembre 1938

Les origines de la Nuit de cristal

Depuis l’arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir en 1933, les Juifs font l’objet d’une politique antisémite conduisant, par exemple, à leur exclusion de la fonction publique. En 1935, le chancelier nazi fait adopter deux lois permettant la protection du sang allemand et de l’honneur allemand. Ce qui permet en outre d’offrir un cadre juridique à la persécution systématique des Juifs en Allemagne. Ces lois sont connues sous le nom de « lois de Nuremberg » et servent à poser les bases des futures mesures antisémites, en établissant une différence juridique entre les citoyens de sang allemand et les Juifs. Alors que ces derniers sont privés de la citoyenneté allemande, le mariage et les relations sexuelles entre les Juifs et les personnes de sang allemand sont interdits.

Le déroulement de la Nuit de cristal

La Nuit de cristal fut présentée par le parti nazi comme une réaction à l’assassinat d’Ernst Von Rath, troisième secrétaire de l’ambassade d’Allemagne à Paris. Il a été assassiné par un jeune juif polonais âgé de 17 ans qui venait d’apprendre que ses parents faisaient partie des milliers de juifs expulsés du Reich.

Suite à cet événement qui servit de prétexte, les sections d’assaut (SA), la gestapo ainsi que les jeunesses hitlériennes s’en prennent aux synagogues, incendient les locaux des organisations israélites, saccagent les biens des particuliers et brisent les vitrines des magasins juifs. Ce sont d’ailleurs ces vitrines brisées qui donneront à cet événement le nom de « Nuit de cristal ». Mais les violences vont au-delà des seuls biens : tandis que les commandos de la SS, une organisation forte de plus d’un million de membres, assassinent des dignitaires juifs, la Gestapo organise l’arrestation de milliers de Juifs.

Les jeunesses hitlériennes sont pour la plupart en tenue de ville pour faire croire à une émeute populaire violente et spontanée dirigée contre les habitants de confession juive. Les violences se propagent en Allemagne et en Autriche. Les villes de Berlin et de Vienne sont les plus touchées par la violence car c’est là où vivent les plus importantes communautés juives.

Les conséquences de la Nuit de cristal

Dans ce gigantesque pogrom, on compte environ 100 Juifs assassinés durant la nuit du 9 au 10 novembre 1938 et 25 000 Juifs envoyés en camp de concentration. Si l’on en croit les témoignages, 267 synagogues et 7 500 commerces ont été incendiés ou détruits par les nazis.

Face à cette violence qui tue et qui traumatise, à l’insécurité qu’elle installe et à la ruine qu’elle entraîne pour de nombreux commerçants, des centaines de Juifs se suicident et des milliers d’entre eux quittent le territoire allemand. Cependant, un grand nombre de pays étrangers refusent de les accueillir.

Historiquement, la Nuit de cristal est bien plus qu’un pogrom : elle marque un nouveau durcissement dans l’acharnement antisémite du régime nazi tandis que de nouvelles lois sont promulguées privant les juifs de leurs moyens de subsistance, les excluant de toute vie sociale ou leur interdisant l’accès à la plupart des professions libérales. Des lois censées les isoler et les inciter à quitter l’Allemagne, prélude à la solution finale et aux camps de la mort. La Nuit de cristal annonce donc les prémices de la Shoah.

Par Hannah Pons

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