Reprise de la théorie raciste et antisémite du « grand remplacement » par Valérie Pécresse : SOS Racisme exprime sa stupéfaction et appelle les candidats à cesser de courir après l’extrême-droite

Valérie Pécresse était ce dimanche en meeting au Zénith de Paris.

C’est avec une certaine stupéfaction que nous avons entendu, à cette occasion, l’une des principales prétendantes à la course à l’Elysée reprendre à son compte l’expression de « grand remplacement », indiquant que la France n’y était pas condamnée.

Pour rappel, la théorie du « grand remplacement » est une théorie dont l’origine plonge dans l’extrême-droite française du début du siècle, dont l’on trouve des traces dans les cercles néonazis au sortir de la Seconde guerre mondiale et que l’écrivain Renaud Camus, condamné par la justice pour incitation à la haine raciale, a popularisé sous cette dénomination auprès de nouvelles générations à partir de 2011.

Pour rappel toujours, cette théorie – décrivant les immigrés comme des envahisseurs et ciblant les Juifs comme ceux qui organisent cette invasion d’un « Occident » blanc – est celle qui a convaincu un terroriste d’abattre 51 musulmans dans deux mosquées à Christchurch en Nouvelle-Zélande en 2019.

Ledit terroriste cite ainsi nommément l’expression de « grand remplacement » dans son manifeste, sur la base de ce qu’il décrit à la suite de son passage en France en 2017 : « J’ai été accablé de voir l’état des villes françaises. Pendant des années j’avais entendu des histoires sur l’invasion de la France par les non-Blancs, mais je pensais que c’était des rumeurs ou des exagérations. Mais quand je suis arrivé en France, […] j’ai vu que dans toutes les villes françaises les envahisseurs étaient là. »

Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « les propos de Valérie Pécresse ne sont pas dignes d’une prétendante majeure à la présidence de la République. Alors que le niveau du débat s’effondre dans la médiocrité, l’irrationalité et la violence sous l’influence d’une extrême-droite électoralement puissante, on est en droit d’attendre des candidats qui appartiennent à l’arc républicain une hauteur dans leurs propos. Valérie Pécresse a tort de vouloir donner des signes à un électorat radicalisé car cet électorat n’est jamais assez assouvi de haine. En outre, l’on sait, sur la base des attentats de Christchurch, que la théorie du grand remplacement peut entraîner des conséquences mortelles puisqu’elle autorise toutes les violences racistes et antisémites en présentant des groupes – les noirs, les Arabes, les musulmans, les immigrés…- comme les outils du risque de disparition – Renaud Camus va jusqu’à dresser un parallèle avec les génodides – d’un autre groupe : les Blancs. Ce faisant, le crime raciste ou antisémite se trouve légitimé comme un acte de « légitime défense civilisationnelle ». Quand on prétend devenir président ou présidente de la République, on ne peut le faire en mettant en danger les citoyens noirs, arabes et juifs. »

SOS Racisme demande à Valérie Pécresse ainsi qu’aux autres candidats appartenant à l’arc républicain de laisser l’expression de « grand remplacement » aux seuls candidats qui en ont fait un axe de campagne, à savoir les candidats d’extrême-droite.

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