Hier soir, le journaliste Romain Molina et RMC Sports ont fait état d’un courriel relatant des propos racistes que Christophe Galtier, alors entraîneur de l’OGC Nice, aurait tenus à l’endroit des joueurs de l’équipe.
Rédigé par Julien Fournier, alors directeur sportif de la même équipe, ce courriel aurait été envoyé à Ineos, propriétaire du club, en fin de saison dernière. Il fait état de propos indubitablement racistes tenus auprès de Julien Fournier par Christophe Galtier et par le fils et agent de celui-ci. Tandis que le premier évoquait une équipe composée de noirs et de musulmans (« on ne peut pas avoir autant de noirs et de musulmans dans l’équipe » ou, après avoir évoqué le fait que l’équipe serait une équipe de noirs : « notre équipe ne correspond pas à ce que veulent les gens, comme elle ne me correspond pas »), son fils semblait aller plus loin dans l’expression du racisme en tenant des propos encore plus
directs à Julien Fournier : « vous avez bâti une équipe de racailles » ou « Il n’y a que des noirs et la moitié de votre équipe est à la mosquée le vendredi après-midi… ».
Ces dernières heures, Christophe Galtier a annoncé des poursuites judiciaires suite à la divulgation des propos qui lui sont prêtés et qu’il nie avoir prononcés. Parallèlement, Julien Fournier a réagi de façon ambiguë, affirmant : « Le timing de ces révélations me révolte tout autant que leur contenu ». SOS Racisme demande que toute la lumière soit faite sur cette affaire et sur ses éventuels prolongements. En effet, le fait qu’une personne ayant une fonction d’encadrement au sein d’un club sportif puisse tenir des propos racistes n’est pas sans conséquences concrètes, notamment en matière de choix discriminatoires (sélections, recrutements…).
Pour cela, nous demandons à Julien Fournier de clarifier ses propos. Oui ou non, affirme-t-il que Christophe Galtier ait tenu de tels propos ? Nous demandons également à Ineos et à l’OGC Nice de sortir de leur réserve. Si une alerte faisant état de propos racistes de la part de Christophe Galtier est bien parvenue à la direction d’Ineos et aux supérieurs de Julien Fournier au sein du club, quelle suite la société et le club y ont-ils donnée ? Une enquête a-t-elle eu lieu ? Il est en effet fondamental que les alertes émises en matière de racisme ne finissent pas sous le tapis mais soient pleinement prises en considération afin de les objectiver. A cet égard, la réaction minimaliste de l’OGC Nice parue ce jour et qui consiste, de fait, à se murer dans le silence est en dessous de ce que nous sommes en droit d’attendre d’un club de première division.