SOS Racisme exprime sa profonde émotion après le décès de Youssef, survenu le 3 juillet, treize jours après une intervention policière à Carcassonne. L’association adresse son soutien à sa famille et demande qu’une enquête indépendante fasse toute la lumière sur les circonstances ayant pu conduire à sa mort.
Une vidéo filmée par un témoin montre une scène d’une grande violence : alors qu’il ne représente aucun danger, Youssef est tiré vers l’arrière par un policier national et chute lourdement sur le crâne. Si la justice devra établir avec rigueur le lien entre ces violences et son décès, les images soulèvent une suspicion qui demande des réponses.
Après les révélations des propos racistes, misogynes et homophobes tenus par un policier municipal proche du maire RN de la ville, c’est la seconde fois que la police est mise en cause à quelqies jours d’intervalle dans la même ville. En outre, le policier municipal mis en cause apparaît sur la vidéo des violences subies par Toussef Même s’il ne semble pas participer aux violences, la présence de cet individu interroge sur le climat idéologique dans lequel elles se sont déroulées.
Pour SOS Racisme, cette affaire dépasse le seul cas de Carcassonne. Elle illustre la dérive d’une institution en partie gangrenée par le racisme et par la banalisation de la violence. À mesure que l’extrême droite progresse électoralement et que ses idées se banalisent dans le débat public, elle libère une parole de haine et autorise des violences qui doivent nous alarmer.
Il y a urgence à ouvrir les yeux sur le danger que représente l’extrême droite pour notre pays, sa démocratie et ses institutions. Lorsqu’un uniforme peut cohabiter avec des convictions racistes assumées, c’est toute la promesse républicaine d’égalité qui est menacée.
Le 20 septembre, SOS Racisme sera dans la rue aux côtés des familles de victimes et des organisations mobilisées contre la loi dite « permis de tuer » et dont le but est de créer une présomption de légitime défense pour les membres des forces de l’ordre qui auraient fait usage de leur arme à feu.
L’association se battra – à Carcassonne comme ailleurs – pour que justice soit rendue à Youssef et à toutes les victimes de violences policières et pour que les agents dont les responsabilités seraient établies répondent pleinement de leurs actes devant la justice.