Ce 21 février, une marche présentée comme un hommage au militant d’extrême droite Quentin Deranque sillonne les rues de Lyon avec l’assentiment de la Préfecture qui a refusé de prononcer son interdiction.
Passée par le RN, l’organisatrice de la marche dit beaucoup du caractère fusionnel des jeunesses impliquées dans les différentes nuances de l’extrême droite. Fervente traditionnaliste et militante antiavortement, elle est la femme d’un militant néonazi. Sur ses réseaux, elle accuse Simone Veil d’être responsable du massacre de 10 millions d’enfants. Cette phrase, typique des attaques qui fleurirent contre Simone Veil dès qu’elle devint la figure de la légalisation de l’IVG, a un grossier sous-texte : la loi de la juive Veil a tué plus de personnes que la Shoah dont les Juifs accusent les nazis.
En ce jour où les nostalgiques du fascisme défilent à Lyon, je tiens à honorer les victimes de ce même fascisme.
En effet, le 21 février 1944, Missak Manouchian, Arménien apatride, et 21 de ses camarades étaient fusillés au Mont Valérien par les Allemands.
Ils étaient des résistants appartenant à la résistance d’obédience communiste des FTP-MOI (Main d’œuvre Immigrée).
Ils étaient essentiellement des étrangers, ils étaient des jeunes, ils étaient pour beaucoup des Juifs d’Europe de l’Est.
Immortalisés par l’ »Affiche rouge » (une affiche de propagande qui se retourna contre l’occupant et ses complices), ces hommes et cette femme (Olga Bancic, qui sera guillotinée plus tard à Stuttgart) furent l’honneur de la France en ces temps où trop de gens avaient failli, servant l’occupant en beuglant « patriotisme » pour couvrir le léger murmure de leur conscience honteuse.
Hommage à Manouchian et aux 21 fusillés.
Hommage à Olga Bancic.
Hommage aux victimes du fascisme.
Nous honorons Manouchian et ses camarades.
Beaucoup de celles et de ceux qui marchent à Lyon rêvent de pouvoir honorer leurs assassins.