Le 19 avril dernier à Espaly-Saint-Marcel, un homme ouvrait le feu en direction ou à proximité d’enfants dans le quartier de L’Arbousset à Espaly-Saint-Marcel (Haute-Loire).
A l’issue de l’audience qui s’est tenue ce jour devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay, l’auteur des faits a été condamné pour les violences avec armes et pour les propos racistes tenus ce jour-là et dans les semaines qui avaient précédé.
Présente à l’audience aux côtés des victimes et représentée par maître Aurélie Chambon, SOS Racisme, partie civile dans cette affaire, se félicite que les faits aient été reconnus ainsi que la nature raciste du comportement du prévenu.
Le prévenu a été condamné à 15 mois d’emprisonnement avec un sursis probatoire de deux ans.
Le tribunal a également prononcé à son encontre plusieurs interdictions : celle de porter des armes pendant 10 ans, celle de paraître à Espaly-Saint-Marcel et enfin celle d’entrer en contact avec les victimes.
En outre, le prévenu a été condamné à une obligation de soins psychologiques, à un stage de citoyenneté et à une obligation d’indemniser les victimes.
Si nous sommes satisfaits que les faits aient été reconnus et condamnés, nous regrettons cependant, au regard de la gravité des faits, que la peine d’emprisonnement ne comporte pas a minima une partie ferme.
Depuis le début de cette affaire, SOS Racisme s’est tenue aux côtés des victimes, qu’elle a accompagnées dans leurs démarches, notamment afin que la dimension raciste des faits ne soit ni minimisée ni écartée de la procédure.
Au-delà de ces faits et de leurs traitement judiciaire, SOS Racisme note que cet acte qui aurait pu coûter la vie à des enfants s’inscrit dans un contexte de banalisation de la parole raciste dans l’espace public. Pour Saïd Hamimi, président par intérim de SOS Racisme Loire, « ces dernières semaines, de nombreuses vidéos ont ainsi montré à quel point de plus en plus de personnes étaient parfaitement à l’aise pour prononcer des insanités racistes sur les réseaux sociaux ou au milieu d’un public. Notre région n’est pas épargnée puisque l’une d’elle a été filmée à Marboz dans l’Ain. Il ne faut jamais oublier que les paroles peuvent tuer. Notre région, hélas, a été d’ailleurs également marquée par le suicide du jeune Isérois Joris Laurencin à l’issue d’une longue période de harcèlement raciste. »
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « ce contexte n’est pas le fruit du hasard. Il est notamment le résultat d’une dégradation de la parole politique qui se fait de plus en plus volontiers stigmatisante, de la marginalisation de la parole antiraciste et de la structuration au sein de la scène médiatique d’espaces où la haine, plus ou moins ouvertement, trouve une visibilité inédite ».