Il y a 30 ans, Ibrahim Ali, jeune Marseillais de 17 ans, était abattu par des militants du Front National

Il y a 30 ans jour pour jour, le 21 février 1995, Ibrahim Ali, jeune Marseillais de 17 ans, tombait sous les balles d’un militant du Front National alors qu’il rentrait chez lui après une répétition de musique avec son groupe de rap B.Vice.

Son seul « crime » : être un jeune Français noir, croisant sur son chemin des colleurs d’affiches du parti d’extrême droite. Trois balles tirées dans le dos, la mort sur le bitume, un avenir brisé par la haine. Ce crime raciste a marqué à jamais la mémoire de Marseille et de toute la France.

Il nous rappelle avec brutalité ce que représente l’extrême droite : un camp mu par une idéologie qui entretient la peur, alimente la haine et mène au crime.

Le Front National de l’époque – aujourd’hui rebaptisé Rassemblement National – voudrait faire oublier ces drames. Pourtant, les faits sont là. Le climat de haine que ce parti a contribué à installer dans notre société a encouragé des actes criminels comme celui qui a coûté la vie à Ibrahim Ali. Alors président du Front national, Jean-Marie Le Pen – dont la fille Marine Le Pen a salué l’action politique le mois dernier à l’occasion de son décès – déclara d’ailleurs à la suite du drame : « Au moins, ce malheureux incident a attiré l’attention générale sur la présence à Marseille de 50 000 Comoriens. Que font-ils là ? »

La justice a condamné les trois colleurs d’affiche à des peines de prison ferme, le tireur écopant d’une peine de 15 ans. Mais la responsabilité politique de l’extrême-droite reste entière. L’extrême droite, hier comme aujourd’hui, prospère sur les divisions et les discours haineux. Derrière les discours policés, derrière les tentatives de normalisation, c’est toujours le même projet : celui d’une société fondée sur l’exclusion, sur le rejet et, trop souvent, sur la violence raciste.

Trente ans après, nous rendons hommage à Ibrahim Ali, à sa famille, à ses proches. Cette année, Ibrahim aurait dû avoir 47 ans. Mais il aura toujours 17 ans. Se souvenir d’Ibrahim Ali et de sa vie mutilée n’est pas une action tournée vers le passé. C’est le devoir qu’il nous faut assumer pour rester vigilants et lutter sans relâche contre toutes les formes de racisme, d’antisémitisme et de haine, soubassements et horizons de l’extrême droite.

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