Il y a 20 ans, le 13 février 2006, Ilan Halimi succombait aux tortures infligées par le « gang des barbares ». Enlevé, séquestré et torturé pendant trois semaines, il a été victime d’un crime d’une violence inouïe, dont la seule raison était qu’il était juif et donc selon ses tortionnaires, membre d’une communauté riche et puissante. Cet assassinat antisémite a profondément marqué notre pays et demeure un rappel tragique de la persistance du racisme et de l’antisémitisme dans notre société. Vingt ans après, le combat contre l’antisémitisme ne peut ni faiblir ni être relégué au second plan. Les préjugés, la haine et les discours antisémites continuent de se propager, parfois masqués, parfois assumés, sur les réseaux sociaux, dans l’espace public et même dans certains discours politiques.
Selon le dernier rapport de la CNCDH, l’antisémitisme reste à un niveau très élevé en France : 1 570 actes recensés en 2024, soit près de la moitié des faits racistes, un niveau proche du record de 2023. Au total, 9 350 infractions racistes (+11 %) ont été enregistrées, avec une hausse des violences. Le phénomène demeure largement sous-déclaré : 1,2 million de personnes disent subir des atteintes racistes chaque année, mais 97 % ne portent pas plainte.
Les opinions antisémites restent fondées sur de « vieux » préjugés antisémites associant les Juifs au pouvoir, à l’argent, au communautarisme, persistent et le sentiment que, pour les Juifs, Israël compte plus que la France, renvoyant à leur supposée «double allégeance », a été ravivé depuis le 7 octobre 2023.
Sur le conflit au Proche-Orient, l’opinion apparaît contrastée : 49 % estiment qu’Israël a le droit de se défendre même avec des pertes civiles, tandis que 91 % jugent que les bombardements à Gaza font trop de victimes civiles.
Cette haine, qui a coûté la vie à Ilan Halimi et à d’autres en France ces dernières années, doit être combattue sans relâche. L’éducation, la formation, la mémoire et une mobilisation constante contre celles et ceux qui la propagent ou la nient sont essentielles. Nous continuerons à dénoncer l’antisémitisme sous toutes ses formes et à œuvrer pour une France où une telle tragédie ne pourra plus jamais se reproduire.
C’est ainsi que nous étions présents ce jour-là à Sainte-Geneviève-des-Bois, à 11 heures, au pont de la Fouille, route de Longpont, à l’endroit même où, il y a vingt ans, son corps avait été retrouvé.
Nous avons également pris part aux cérémonies d’hommage organisées à l’Palais de l’Élysée, marquées par la plantation, dans les jardins du palais présidentiel, d’un chêne sessile — essence choisie en concertation avec la famille Halimi — ainsi qu’à l’Hôtel Matignon pour la remise du prix portant son nom, qui récompense des initiatives menées par des jeunes dans la lutte contre l’antisémitisme l’occasion de porter un nouvelle fois une attention fort sur ce que représente le vire-ensemble
Nous serons également présents le dimanche 15 février à 15 heures au jardin Ilan Halimi, dans le 12ᵉ arrondissement de Paris, aux côtés des associations Golem, JJR et le RAAR, pour lui rendre une nouvelle fois hommage.