Depuis qu’il a exprimé son inquiétude face à la montée de l’extrême droite, Teddy Riner subit une vague de cyberharcèlement et d’injures racistes. Face à l’ampleur des faits, le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « injures publiques racistes » et « cyberharcèlement ».
Avant ce déferlement, Teddy Riner avait été pris pour cible par les médias Bolloré. Sur CNews, Pascal Praud s’en est pris à lui et à sa prise de position. Une cible a été placée dans son dos.
Quelques jours plus tard, ce sont Adèle Exarchopoulos puis Paul Mirabel qui ont, eux aussi, été pris pour cible sur CNews. Pascal Praud a même annoncé qu’il ferait désormais « chaque matin » un point sur les personnalités publiques qui se mobilisent contre le Rassemblement national.
CNews désigne publiquement celles et ceux qui s’opposent à l’extrême droite, les expose, excite la haine à leur endroit puis regarde les réseaux sociaux faire le travail.
Quand l’Arcom, dont l’inaction conforte les attaques de cette chaîne dédiée à la promotion du racisme, va-t-elle enfin jouer son rôle de régulation de l’audiovisuel ? Jusqu’où faudra-t-il aller avant que cette responsabilité soit prise au sérieux ?
Alors que se tient actuellement le procès de l’assassinat de Federico Martín Aramburu, cette affaire nous rappelle que la violence d’extrême droite ne s’arrête pas aux mots. Deux anciens membres du GUD, groupuscule d’extrême droite, sont jugés pour l’avoir abattu en plein Paris en 2022.
Parmi les réactions suscitées par les propos de Teddy Riner, certains lui dénient jusqu’à la possibilité de s’exprimer comme n’importe quel citoyen français, en le renvoyant systématiquement à ses origines guadeloupéennes et à sa couleur de peau.
Thaïs d’Escufon écrit ainsi : « Je ne veux plus jamais entendre “il est Français comme vouzémoi” même pour les sportifs de talent. Mbappé, Teddy Riner, etc peuvent faire carrière et jouer sous nos couleurs, ils défendront toujours avant tout leurs congénères contre les Français de souche. »
En opposant Teddy Riner et Kylian Mbappé aux « Français de souche », l’extrême droite trace, comme à son habitude, une frontière entre différentes catégories de Français. L’emploi du terme « congénères » dans cette opposition participe à cette mise à distance et à cette hiérarchisation. Ce processus d’assignation identitaire est l’un des ressorts classiques du racisme et une constante des discours d’extrême droite.
SOS Racisme et Sportitude apportent leur plein soutien à Teddy Riner, vont – une énième fois – saisir l’Arcom et vont porter plainte contre les auteurs des propos concernés.
Face à la haine raciste, ne nous taisons pas ! Rejoignez SOS Racisme et mobilisez-vous à nos côtés.