Crime raciste dans le Var : il tue son voisin tunisien, tire sur son voisin turc et diffuse sa haine sur les réseaux sociaux.

Le samedi 31 mai, le racisme a encore frappé dans notre pays. En effet, dans le Var, un individu a abattu l’un de ses voisins de nationalité tunisienne et a blessé un homme de nationalité turque à la main.

Le double crime – meurtre et tentative de meurtre – ne laisse place à aucun doute quant à sa dimension raciste. En effet, en amont et en aval de son forfait, le meurtrier a diffusé sur ses réseaux sociaux des vidéos dans lesquelles il tenait des propos racistes et haineux.

SOS Racisme présente ses condoléances aux proches de la victime décédée et espère que la seconde victime connaîtra un prompt rétablissement.

« Une procédure d’enquête de flagrance des chefs de meurtre commis en raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée de la victime à une ethnie, une nation, une prétendue race ou religion déterminée commis en concomitance avec un autre crime et de tentative de meurtre commis en raison de l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée de la victime à une ethnie, une nation, une prétendue race ou religion déterminée commis en concomitance » a été ouverte, selon le communiqué diffusé par le procureur de Draguignan.

SOS Racisme s’alarme de la multiplication de faits racistes ces derniers mois, y compris dans leur forme la plus grave, à savoir le meurtre. En effet, avant le double crime qui s’est déroulé hier dans le Var, Aboubakar Cissé était assassiné en avril dernier dans la mosquée de La Grand-Combe (Gard) en raison de sa qualité de musulman. Le 31 août dernier, c’est Djamel Bendjaballah qui était tué dans le Nord de la France par un militant d’extrême droite, sans que la justice ne daigne d’ailleurs à ce jour reconnaître la pourtant évidente circonstance aggravante de racisme.

Cette multiplication des actes racistes – y compris donc dans leur version criminelle – ne vient pas de nulle part. Elle se déploie ainsi sur le terreau favorable d’un débat public dans lequel s’affirment des paroles visant à propager le racisme et la xénophobie. Venues de l’extrême droite et gangrénant une partie de plus en plus importante du champ politique, ces paroles sont d’autant plus prégnantes que l’extrême droite bénéficie ces dernières années d’une inédite complaisance médiatique et intellectuelle.

Cette multiplication des actes racistes se déploie également sur le terreau d’une activité législative régulièrement centrée sur les obsessions de l’extrême droite. La multiplication des débats sur la nécessaire restriction des droits des étrangers et le vote de propositions de loi allant dans ce sens en témoignent chaque semaine.

Cette multiplication des actes racistes se déploie enfin sur les signaux envoyés par nos institutions. Lorsque la justice peine à reconnaître le racisme comme dans le cas du meurtre de Djamel Bendjaballah ou que le ministre de l’Intérieur – affairé à ses obsessions anti-Islam – refuse de se rendre sur le lieu d’un crime islamophobe d’une rare violence, alors il y a défaillance institutionnelle majeure.
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « le double crime qui a frappé deux hommes à Puget-sur-Argens n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Il est le résultat d’un travail minutieux mené par le camp du racisme et visant à rendre à nouveau légitime l’expression du racisme en mots et en actes. Face à cette sinistre évolution, il est urgent que les responsables politiques et les médias cessent d’ignorer la parole antiraciste, quand ils ne travaillent pas à la marginaliser. Au-delà, ce double crime doit sonner comme un rappel à toutes les citoyennes et tous les citoyens : le monde dans lequel on vit est celui pour lequel on se bat. La bataille de l’antiracisme a besoin que chacune et chacun s’y investisse. Sinon, nous sommes à la veille d’une bascule qui, en réalité, est déjà à l’œuvre. »

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