Le 26 juin 2025, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné la France pour pratiques discriminatoires lors de contrôles d’identité subis par Monsieur Karim Touil. Cette décision, rendue après des années de mobilisation et de contentieux, marque une étape importante dans la reconnaissance juridique des contrôles au faciès visant les personnes perçues comme noires ou arabes.
En jugeant que les trois contrôles subis en quelques jours par M. Touil ne reposaient sur aucun fondement objectif ni raisonnable, la CEDH confirme que ces pratiques relèvent d’une discrimination.
Cette décision salutaire intervient dans un climat politique de plus en plus délétère, où la stigmatisation des étrangers et des descendants d’immigrés devient une politique assumée jusque par certains membres du gouvernement. En effet, il y a quelques semaines à peine, plus de 4 000 forces de l’ordre étaient mobilisées dans les gares pour interpeller des « clandestins », sur ordre de Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur. Cette initiative a mécaniquement conduit à la mise en œuvre de contrôles discriminatoires à l’encontre de personnes perçues comme noires ou arabes.
Dans ce contexte, SOS Racisme se félicite de cette condamnation et de la vigilance des institutions européennes. La France, en fidélité avec sa longue affirmation du principe d’égalité, doit mettre un terme aux pratiques policières entachées de biais discriminatoires.