Chansons racistes, antisémites et homophobes avec des références au RN : le « parodiste » est condamné à une peine de  4 mois d’emprisonnement avec sursis

Le lundi 16 septembre, les juges de la 17ème chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris ont condamné le parodiste Blagodariov à une peine de 4 mois d’emprisonnement avec sursis pour des propos tenus au début de l’année 2023. Depuis 2009, il publiait des reprises de comptines et chansons françaises en modifiant les paroles et en incluant des paroles racistes, antisémites et homophobes d’une extrême violence.

Certaines des paroles, teintées d’une influence d’extrême-droite, faisaient directement référence au Rassemblement National et à Marine Le Pen. Le prévenu avait nié tout acte militant et exprimé qu’il souhaitait juste faire de l’humour et provoquer des réactions de la part d’internautes.

A cet égard, le Tribunal a décidé que « ces propos, qui invitent clairement au meurtre des Maghrébins, sont proférés sur une chanson douce, avec l’utilisation d’un vocabulaire choisi dans le champ de la poésie, contribuant ainsi à l’horreur des faits évoqués par effet de contraste ». Au sujet du contexte humoristique des propos, le Tribunal a affirmé que ce registre, « loin de créer une mise à distance avec les propos, a au contraire pour effet d’en minorer le caractère horrifique, contribuant à faire paraître moins choquants des discours de haine qui sont, en réalité, d’une rare violence. L’humour ici n’a pas vocation à faire rire, mais contribue au contraire à la diffusion des propos empreints de haine en dissimulant la réprobation qu’ils suscitent sous un vernis de dérision ». 

Le parodiste a ainsi été déclaré coupable des faits de provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion, de provocation publique et directe non suivie d’effets à commettre un crime ou un délit, d’injure publique à raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion et d’apologie publique de crime ou délit. 

SOS Racisme, partie civile et représentée par Maître Romain Ruiz, se félicite de la condamnation de ce parodiste. Dans un contexte de libération de la parole raciste et antisémite, il est essentiel de rappeler que les infractions racistes doivent être condamnées même si elles sont publiées sous couvert d’un ton humoristique.

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