Atermoiements de ténors la majorité présidentielle au sujet de possibles convergences avec le RN à l’Assemblée nationale : SOS Racisme demande à Emmanuel Macron une clarification

Après avoir procédé à une irresponsable mise en équivalence entre l’extrême-droite et la NUPES dans l’entre-deux tours des élections législatives – attitude dénoncée par Dominique Sopo, président de SOS Racisme, dans une tribune parue hier dans Le Monde – plusieurs représentants de la majorité présidentielle ont, ces derniers jours, jeté le trouble en parlant d’alliances « de circonstances » ou de la nécessité de « voix à aller chercher » auprès des députés du Rassemblement national, entrés en très grand nombre ce dimanche au Palais Bourbon.

Cette cacophonie participe de la banalisation de l’histoire collaborationniste, des propositions anti-républicaines et de l’idéologie raciste et antisémite de l’extrême-droite. Elle est également un symptôme et un facteur d’une perte de points de repères politiques dans notre pays.

Si les positions exprimées par François Patriat, Xavier Lacovelli ou Clément Beaune ce matin sont les bienvenus, il apparait toutefois que l’hypothèse d’alliances avec le RN ou certains de ses élus à l’Assemblée ait fait son chemin au sein de la majorité présidentielle.

Face à cette situation, SOS Racisme demande à Emmanuel Macron de mettre fin au trouble que créent les positions de personnalités s’exprimant au nom du camp présidentiel. Nous attendons ainsi du président de la République qu’il s’exprime publiquement afin de réaffirmer que l’extrême-droite ne saurait être en aucun cas et sous aucun prétexte un partenaire parlementaire ou ministériel.

Nous attendons également du chef de l’Etat qu’il démente les propos de Marine Le Pen qui, après avoir été reçue par lui à l’Elysée, a affirmé qu’il lui avait parlé d’un gouvernement d’ « union nationale » dont elle sous-entend qu’il intégrerait des ministres RN. Nous ne pouvons en effet croire qu’Emmanuel Macron, réélu il y a quelques semaines grâce à un front républicain que son camp a pourtant massivement refusé de faire vivre ces derniers jours, ait pu tenir de tels propos, explorer de telles voies ou former de telles pensées.

Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « le trouble qui a été introduit ces derniers jours par des membres de la majorité présidentielle à propos d’alliances avec le RN et les propos prêtés par Marine le Pen au président de la République nécessitent qu’Emmanuel Macron s’exprime directement. Celui-ci ne peut pas se soustraire à son rôle de responsable du camp qui agit et parle en son nom. Celui-ci ne peut pas non plus laisser dire qu’il aurait été le premier chef de l’Etat à envisager – à défaut même de réaliser – le retour de l’extrême-droite au gouvernement pour la première fois depuis 1944. »

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