Assassinats racistes au centre culturel kurde : SOS Racisme salue la mise en examen et l’incarcération de l’auteur des faits et se porte partie civile

Ce jour, l’auteur du triple assassinat qui s’est déroulé rue d’Enghien à Paris vendredi dernier a été mis en examen pour assassinats et tentatives d’assassinat en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion.

Il a été immédiatement incarcéré dans l’attente de son jugement.

Après le stupéfiant loupé qu’a constitué la procédure judiciaire appliquée à cet individu à la suite de l’attaque au sabre qu’il avait perpétrée contre un camp de migrants en décembre 2021 et pour laquelle ni la tentative d’homicide, ni la dimension raciste n’avaient été retenues, SOS Racisme salue cette mise en examen, les qualifications retenues et la mise en détention provisoire de l’assassin. L’association a confié à maître Patrick Klugman le soin de constituer SOS Racisme partie civile dans ce dossier.

Au regard de la dimension politique du lieu visé, le centre culturel kurde abritant le siège du CDK-F, SOS Racisme demande que toute la lumière soit faite sur les cironstances de ces crimes envers les Kurdes et que soit notamment étudiée l’éventuelle implication des services turcs dans la manipulation de cet individu devenu un raciste obsessionnel.

Au-delà de la dimension strictement judiciaire du triple assassinat de la rue d’Enghien, SOS Racisme s’inquiète de la montée en puissance de la violence raciste, en mots et maintenant dans les actes les plus extrêmes, que connaît notre pays ces dernières années et singulièrement depuis quelques mois.

L’association appelle le gouvernement à prendre enfin la pleine mesure des menaces qui pèsent sur des groupes de personnes visées à raison de leurs origines ainsi que des lieux et des militants oeuvrant à leur accueil et à la défense de leurs droits.

Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « ce triple assassinat – raciste et revendiqué comme tel – est loin d’être un coup de tonnerre dans un ciel bleu. Après des mois de disours de plus en plus ouvertement racistes dans l’espace public et d’attaques – dans un large spectre médiatique, politique et intellectuel – contre l’antiracisme, nous nous trouvons dans une situation où la répétition de ces crimes de sang n’est pas à exclure et est même à redouter. Après le constat de la constitution de réseaux d’extrême-droite à visée terroriste – il n’est qu’à penser aux groupes OAS, AFO ou « Les Barjols » demantelés ces dernières années -, la séquence sanglante que vient de vivre notre capitale est peut-être le symbole inquiétant d’un activisme meurtrier individualisé et suscité par l’ambiance de permissivité vis-à-vis du racisme qui restera sas doute l’une des grandes caractéristiques de notre époque. »

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