Appels à des « rafles contre les OQTF » : SOS Racisme saisit l’Arcom et demande des sanctions contre CNews

Le samedi 24 janvier 2026, sur l’antenne de CNews, dans l’émission Punchline, l’avocat Arno Klarsfeld a positivement présenté l’organisation de « grandes rafles » visant des personnes étrangères en situation irrégulière au nom du « bien de l’État ».

Lors de cette séquence, Arno Klarsfeld a revendiqué une politique inspirée des méthodes de Donald Trump et de la police de l’immigration américaine (ICE). Qualifiant les personnes sous OQTF « d’asociaux », il a défendu l’idée d’arrestations collectives (des « rafles ») à leur encontre, tout en reconnaissant que ces pratiques conduiraient à des « injustices » mortelles mais présentées comme politiquement acceptables.

L’emploi du terme « rafles » renvoie à des pratiques historiquement associées à des violences racistes et antisémites, à des arrestations arbitraires de masse et à des violations graves de l’État de droit. En citant comme exemple les opérations de l’ICE aux États-Unis, responsables récemment de la mort de plusieurs personnes, Arno Klarsfeld a assumé une logique de violence d’État présentée comme un coût acceptable d’une politique migratoire dite « efficace ».

Ces propos d’une frande gravité s’appuient en outre sur un amalgame mensonger entre les personnes faisant l’objet d’une obligation de quitter le territoire français et la délinquance. Les données officielles du ministère de l’Intérieur sont pourtant sans ambiguïté : seules 1,4 % des OQTF sont concernées par des faits délictueux. Assimiler ces personnes à des « asociaux » relève d’une construction xénophobe visant à justifier la stigmatisation et la violence.

Enfin et sans surprise, ces déclarations ont été tenues sans aucune réaction sur le plateau de CNews. Cette absence de modération engage la responsabilité éditoriale de la chaîne. Elle révèle une banalisation assumée de discours appelant à des pratiques contraires aux droits fondamentaux.

Ce nouvel épisode s’inscrit dans une dynamique éditoriale plus large de CNews, marquée par une instrumentalisation massive et stigmatisante du terme « OQTF », l’utilisation de logiques de manipulation de l’information et de propagande pour le seul bénéfice de l’extrême-droite.

Depuis 2019, l’Arcom a déjà prononcé 24 sanctions à l’encontre de CNews. En décembre 2025, la Cour de cassation a définitivement condamné le directeur de la publication de la chaîne pour des propos racistes diffusés à l’antenne. Depuis juillet 2025, SOS Racisme a saisi à six reprises l’Arcom concernant cette chaîne, pour des manquements répétés à ses obligations légales et conventionnelles. 

Ce cumul de faits démontre qu’il ne s’agit plus de dérapages ponctuels. Dans ce contexte, SOS Racisme appelle l’Arcom à poser des sanctions fermes contre CNews et non une énième réprimande sans effet.

Découvrir nos autres
actualités

Contre le racisme et la xénophobie, mobilisons-nous !

Communiqué du collectif Né-es ici ou venu-es d’ailleurs dont SOS Racisme est membre, appel à mobilisation entre le 14 et le 21 mars partout en France Quand les discours racistes prolifèrent jusque dans la bouche des représentants de la Nation,

Campagne – Pour une ville antiraciste !

À l’occasion des élections municipales, SOS Racisme se mobilise pour rappeler l’importance de la participation citoyenne et du vote dans la vie démocratique. Les élections municipales constituent un moment fondamental de la vie publique. Elles permettent à chaque citoyenne et

Quand Jean-Luc Mélenchon « ironise » sur la prononciation du nom de Jeffrey Epstein : des propos malaisants et irresponsables

Hier, lors d’un meeting tenu à Lyon dans le cadre d’un soutien à la liste LFI aux élections municipales, Jean-Luc Mélenchon a ironisé sur la prononciation du nom du pédocriminel Jeffrey Epstein. Au milieu de son discours, Jean-Luc Mélenchon a

Le 21 février 1944, 21 des 22 membres du Groupe de FTP-MOI Manouchian-Boczov-Rayman étaient fusillés par les nazis

Ce 21 février, une marche présentée comme un hommage au militant d’extrême droite Quentin Deranque sillonne les rues de Lyon avec l’assentiment de la Préfecture qui a refusé de prononcer son interdiction. Passée par le RN, l’organisatrice de la marche

Nous soutenir