C’est avec inquiétude que nous apprenons la volonté de Gérald Darmanin de maintenir l’opération anti-migrants Wuambushu à Mayotte à compter de ce 22 avril.
En effet, cette opération massive d’expulsion de personnes – essentiellement sinon exclusivement des Comoriens – pose de redoutables questions.
Tout d’abord, sur le devenir des enfants. La brutalité de l’opération qui se profile est telle que les Nations Unies, à travers un communiqué de l’Unicef en date du 31 mars dernier, demandent l’annulation de cette opération de « décasage » et d’expulsions afin que soient protégés les droits des enfants étrangers.
En effet, le caractère massif de l’opération pose des problèmes d’erreurs d’appréciation risquant de créer des situations d’isolement de mineurs à Mayotte ainsi que des questions de scolarisation, de santé mentale et de stigmatisation dans les discours publics.
Ensuite, sur le relogement des personnes frappées par les « décasages » décidés par le ministère de l’Intérieur. En effet, il apparaît que les structures de relogement, de mise en rétention administrative ou d’accueil de mineurs isolés ne sont en aucun cas dimensionnées pour absorber les flux que l’opération de matamore de Gérald Darmanin risque de provoquer. Comment est-il possible que la République, en connaissance de cause, prenne le risque de provoquer un tel chaos dans l’un de ses départements ?
Enfin, sur l’ambiance politique que cette opération favorise. Car l’opération de Gérald Darmanin a pour but évident d’expérimenter à Mayotte ce qu’il essaiera de mettre en place en métropole afin de se construire une stature de présidentiable sur le fondement de sa capacité de répression des étrangers en situation irrégulière et sur l’amalgame – typique du RN et de Reconquête – qu’il opère entre immigration et délinquance. Or, nous le savons : glisser ses pieds dans les chaussons de l’extrême-droite anti-immigrée afin de gagner en stature et de gagner des parts dans l’électorat raciste a toujours provoqué la banalisation de l’extrême-droite et donc ses progrès électoraux.
Pour toutes ces raisons – qu’il s’agisse de la défense des droits de l’Homme ou des conséquences politiques désastreuses de cette séquence tout en brutalité -, SOS Racisme demande au gouvernement d’annuler l’opération Wuambushu.