17 avril 1970 : Katherine Johnson, sauve la vie des astronautes de la mission Appolo 13

Née le 26 Août 1918 à White Sulphur Spring, en Virginie Occidentale, un État du Sud ou la ségrégation était toujours en vigueur.

Très jeune, elle montre de grandes dispositions à l’école, notamment pour le calcul et les mathématiques.

Mais les élèves noirs devaient s’arrêter en quatrième, alors ses parents ont réussi à ruser pour qu’elle poursuive son éducation. Elle obtient ainsi son baccalauréat à l’âge de 14 ans, avant d’intégrer l’université d’État de Virginie occidentale pour une spécialisation en mathématiques un an plus tard. Elle décroche son diplôme de mathématique et de français avec les félicitations en 1937, à seulement 18 ans. Des chiffres qui donnent le tournis mais pas à cette amoureuse des équations. Ils vont même la propulser sur le devant de la scène à une époque où une femme, noire de surcroît, n’avait pas sa place.

Après ses études, Katherine Johnson entame une carrière d’enseignante, qu’elle abandonne vite pour fonder une famille avec son mari, James Goble. Ensemble, ils ont trois filles – Constance, Joylette et Katherine. Mais James Goble décède d’un cancer du cerveau en 1956. La femme de sciences doit alors surmonter son deuil ainsi que son statut de mère célibataire.

Les « ordinateurs en jupe »

À 34 ans, elle tombe sur une annonce dans le journal et apprend que le National Advisory Committee for Aeronautics (NACA, futur NASA), recrute, et cherche notamment des femmes 

Afro-Américaines. 

En 1953, elle obtient un poste au sein d’une équipe de femmes en charge de calculs mathématiques, qu’elle décrit comme « des ordinateurs en jupe ». Ses collègues et elle ont pour tâche de relever les données de boîtes noires d’avion et de réaliser des calculs mathématiques précis. 

À cause des lois ségrégationnistes dites lois Jim Crow, différenciant dans l’espace public les citoyens américains selon leur couleur de peau, Katherine Johnson et ses collègues travaillent à l’écart dans un bâtiment qui leur est réservé. Mais cela ne l’atteint pas : « Je n’ai pas eu le temps pour cela », a expliqué Katherine Johnson dans une interview conservée dans les archives de la NASA en 2008. « Mon père nous a toujours dit : « Vous êtes aussi douées que n’importe qui dans cette ville, mais vous n’êtes pas mieux. » Ce qui explique que je n’ai pas de sentiment d’infériorité. Et que je n’en ai jamais eu »

Mais en pleine guerre froide, la Nasa a besoin de spécialistes en géométrie analytique pour devancer les Russes dans la conquête de l’espace. L’une des seules à maîtriser la discipline est Katherine Johnson. Sa capacité à manier les chiffres dépasse l’entendement et lui permet de s’affirmer. Elle n’hésite pas à repousser encore plus loin les barrières puisqu’elle parvient à assister aux réunions interdites aux femmes.

Une femme extraordinairement douée en mathématiques

En 1959, Katherine Johnson réussit à faire les calculs pour le premier lancement suborbital d’Alan Shepard. Puis en 1962, John Glenn, premier astronaute américain à faire le tour de la Terre, avait tellement confiance en Katherine Johnson, et si peu dans les ordinateurs, qu’il avait demandé avant son premier vol orbital qu’elle vérifie elle-même une dernière fois tous les calculs de sa trajectoire, pour lui confirmer personnellement qu’il pouvait se lancer autour de la Terre.  Par la suite, son don pour les mathématiques l’ont-conduite à déterminer la trajectoire du vol Apollo 11 vers la Lune en juillet 1969, dont la descente de Neil Armstrong et Buzz Aldrin sur le sol lunaire, lors d’une course contre la montre entre les Etats-Unis et l’Union Soviétique. Ses calculs ont par la suite contribué à sauver Apollo 13.

À 68 ans, elle quitta la Nasa et prit sa retraite.

Sa vie adaptée au cinéma

Sa vie a été adaptée au cinéma dans Les Figures de l’Ombre, nommé pour plusieurs Oscars. Mais son travail, et celui d’autres collègues, étaient jusqu’alors relativement peu connu en dehors de la NASA, jusqu’à ce que en 2015 le président Obama lui remette la plus haute distinction civile, la Médaille de la Liberté.  À 99 ans, Katherine Johnson assistera à l’inauguration du bâtiment qui porte son nom au centre de recherches informatiques de la Nasa. Elle mourra en février 2020 à 101 ans et la NASA lui rendu hommage à la scientifique. « C’était une héroïne de l’Amérique, une pionnière dont l’héritage ne sera jamais oublié », a écrit James Bridenstine, le patron de l’agence spatiale américaine. Katherine Johnson a permis « d’éliminer les barrières raciales et liées au sexe », a de son côté salué la NAACP, la plus grande organisation de défense des Noirs aux Etats-Unis.

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