SOS Racisme salue l’adoption, ce mardi 13 octobre, par l’Assemblée nationale, de la proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles, votée à l’unanimité. Adoptée en première lecture par 503 voix pour, cette proposition de loi portée par Céline Thiébaud-Martinez constitue une étape importante dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. SOS Racisme tient à saluer le travail considérable des associations féministes et des parlementaires mobilisés pour faire progresser la prévention des violences, la protection des victimes et l’accès à la justice.
Mais une loi qui ambitionne de protéger toutes les femmes ne peut accepter d’en laisser certaines de côté en raison de leur nationalité ou de leur situation administrative.
En effet, lors des débats parlementaires, deux dispositions destinées à renforcer la protection des personnes étrangères victimes de violences sexuelles ont été supprimées. Elles prévoyaient notamment d’empêcher qu’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) puisse être prononcée à l’encontre d’une personne ayant déposé plainte pour des violences sexuelles pendant la durée de la procédure, ainsi que de faciliter l’accès au travail pour certaines personnes demandeuses d’asile victimes de violences.
Ces suppressions, soutenues par l’extrême droite, une partie de la droite et des groupes de la majorité présidentielle, révèlent à quel point les obsessions racistes et xénophobes peuvent prendre le pas sur la protection des victimes.
Ce vote illustre également l’hypocrisie de l’extrême droite qui, tout en prétendant défendre les femmes, instrumentalise les luttes féministes pour servir un projet profondément raciste et réactionnaire.
Derrière son vernis féministe, l’extrême droite oppose en réalité une figure fantasmée de la « femme blanche à protéger » à une menace étrangère. Cette rhétorique détourne les luttes féministes de leur vocation universelle pour en faire un instrument de stigmatisation des populations immigrées et de leurs descendants.
Ce discours contribue également à invisibiliser les expériences et les combats de nombreuses femmes, notamment noires, arabes, immigrées ou descendantes d’immigrées, qui subissent des discriminations à la croisée du sexisme et du racisme.
Pour les femmes étrangères, notamment celles dont le droit au séjour dépend de leur conjoint, la crainte d’une expulsion peut constituer un obstacle majeur au dépôt de plainte et à la sortie des violences. Refuser de le prendre en compte renforce leur isolement et peut les maintenir sous l’emprise de leurs agresseurs.
C’est pourquoi la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ne peut être dissociée de la lutte contre le racisme et les discriminations. Elle doit garantir à toutes les victimes les mêmes droits, la même dignité et la même protection.
SOS Racisme appelle l’ensemble des organisations féministes, antiracistes et de défense des droits humains à poursuivre leur mobilisation afin que cette avancée ne laisse aucune femme de côté. Nous demandons aux parlementaires, à l’occasion de la poursuite de l’examen du texte au Sénat, de rétablir les dispositions supprimées et de garantir une protection effective à toutes les victimes sans distinction.
SOS Racisme restera pleinement mobilisé pour que l’adoption de cette loi soit une véritable victoire pour les droits et l’égalité de toutes les femmes.