Alain Soral de nouveau condamné en appel : la Cour confirme sa culpabilité mais écarte la peine de prison

Le jeudi 8 octobre 2026, la Cour d’appel de Paris a rendu son délibéré dans le procès en appel d’Alain Soral, à la suite de l’audience qui s’était tenue le 10 septembre dernier.

Le 11 septembre 2025, la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris avait condamné Alain Soral à 12 mois d’emprisonnement ferme, sans possibilité d’aménagement ab initio, 4 000 euros d’amende et 2 000 euros de dommages et intérêts, pour une série d’injures publiques et de provocations à la haine visant notamment les populations juives et roms, ainsi que plusieurs personnalités publiques parmi lesquelles Agnès Buzyn, Yves Lévy et Jérôme Guedj. Alain Soral avait fait appel de cette décision.

La Cour d’appel confirme la culpabilité d’Alain Soral pour les faits qui lui étaient reprochés.

Dans les contenus poursuivis, diffusés notamment sur VK, YouTube et le site Égalité et Réconciliation, Alain Soral assimilait les Roms à des « virus », des « voleurs » et des « animaux », allant jusqu’à les présenter comme une « sous-race », autant de propos qui participent d’une entreprise de déshumanisation et de stigmatisation d’une population en raison de son origine.

À l’encontre des personnes juives, il employait notamment les expressions « oligarchie parasitaire et prédatrice » et « synagogue de Satan », tout en appelant à « nommer l’ennemi » et à « entrer en guerre ». Une rhétorique antisémite et conspirationniste qui désigne les personnes juives comme les membres d’une prétendue élite organisée et malveillante.

La Cour confirme également la condamnation concernant le délit de provocation publique non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation.

Si la Cour d’appel confirme la culpabilité d’Alain Soral, elle écarte en revanche la peine d’emprisonnement prononcée en première instance.

Alain Soral est finalement condamné à 100 jours-amende à 450 euros (soit 45.000 euros au total), ainsi qu’à la publication du jugement dans Le Figaro et au versement de dommages et intérêts à SOS Racisme, partie civile dans cette procédure et représentée par Maîtres Lucas Veil et Sacha Ghozlan.

SOS Racisme se félicite que la Cour confirme une nouvelle fois la culpabilité d’Alain Soral, dont le parcours judiciaire comporte de nombreuses condamnations pour des faits notamment d’injure publique, de provocation à la haine ou de contestation de crimes contre l’Humanité.

L’association regrette toutefois que la Cour ait écarté toute peine d’emprisonnement, alors que l’avocat général avait requis deux ans d’emprisonnement ferme à l’audience. Une telle peine aurait constitué un signal particulièrement fort face à la répétition et à la gravité de ces discours de haine.

Cette décision rappelle néanmoins qu’Internet ne constitue pas une zone de non-droit et que la liberté d’expression ne saurait couvrir des propos qui désignent des populations à la haine en raison de leur origine ou de leur religion.

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