Dans une longue enquête publiée ce jour, le quotidien numérique Mediapart révèle que Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a tenu une intense correspondance privée truffée de propos antisémites et complotistes alors qu’il était adhérent puis dirigeant du Front national, ancien nom du RN, dans le 93.
Parmi les messages auxquels le journal d’investigation a eu accès, celui qui est régulièrement présenté comme la nouvelle génération du parti d’extrême droite tient des propos qui confirment, s’il le fallait, la profondeur de l’antisémitisme au sein du Rassemblement national :
- « Toutes les banques sont détenues par des Juifs »
- « Le juif doit dominé les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur. En France, deux bels exemples sont BHL (Bernard Henri-Lévy) ou (Jacques) Attali »
- « Ce qu’ils veulent, un Nouvel Ordre Mondial dominé par Israel, avec bien sur Jérusalem comme capitale »
Ces révélations ne sont guère surprenantes tant Bardella s’est déjà illustré par sa proximité avec la sphère soralienne, comme l’illustrent sa collaboration avec l’eurodéputé aux propos négationnistes Jean-François Jalkh, ses liens avec Frédéric Chatillon, artisan du rapprochement entre l’essayiste multi-condamné et le parti à la flamme, ou encore son refus de considérer, en novembre 2023, que Jean-Marie Le Pen était antisémite.
À l’ignominie de ces propos passés, Bardella ajoute aujourd’hui la lâcheté en refusant de les reconnaître.
Peu importe qu’elle porte une cravate, qu’elle parle moins fort, qu’elle se dise très opportunément défenseuse des juives et des juifs pour mieux frapper les arabo-musulmans, l’extrême droite, dont le Rassemblement national est aujourd’hui le principal représentant, demeure le camp de la haine et de la violence.
La combattre, dans les esprits et dans les urnes, est une nécessité démocratique vitale, aujourd’hui plus urgente que jamais.
Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme : « Le fait qu’un tel individu soit président d’un parti et qu’il soit présenté comme un potentiel futur Premier ministre en dit long sur la complaisance du RN face à l’antisémitisme avec lequel il n’a rompu qu’en façade afin, comme le théorisait Louis Aliot, de faire sauter le dernier verrou qui interdisait l’accès du RN au pouvoir. »