Hier encore, CNews a été le lieu d’une nouvelle saillie raciste et sexiste.
Le 23 février 2026, dans l’émission L’Heure des Pros diffusée à 9 heures, Richard Millet a déclaré, commentant la cérémonie de clôture des Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina : « Je préfère la Traviata à cette chanteuse énorme malienne là qui chantait devant l’Académie Française ». La personne visée est la chanteuse française Aya Nakamura, artiste reconnue internationalement, déjà ciblée pendant des mois par des attaques plus ou moins explicitement racistes autour de sa prestation lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024.
Pour SOS Racisme, ces propos sont inacceptables. En présentant d’abord l’artiste par une origine supposée et en commentant son physique plutôt que son œuvre, ils mêlent racisme et sexisme. De tels propos relèvent de l’injure publique fondée sur l’origine et le sexe au sens de la loi du 29 juillet 1881 et participent à la banalisation de discours discriminatoires, pourtant interdite par la loi et par les obligations qui s’imposent aux chaînes de télévision.
Au-delà de la personne d’Aya Nakamura, ce sont des millions de personnes qui se voient une nouvelle fois insultées sur cette « chaîne d’information ». D’une part par la mise en doute implicite de son appartenance à la communauté nationale car perçue comme non blanche et, enfin, par la qualification physique (« énorme »), sans lien avec son œuvre ou sa prestation, qui relève d’une disqualification genrée et d’une objectivation du corps d’une femme. Cette séquence a conduit SOS Racisme à saisir l’ARCOM, celle-ci violant manifestement les obligations contenues dans la convention liant la chaîne à l’autorité de régulation.
La réaction sur le plateau, notamment lorsque l’animateur demande à Richard Millet de s’excuser, ne relève pas d’une véritable maîtrise de l’antenne. Elle s’apparente à un jeu de dupes : un dispositif qui laisse se déployer des propos racistes, avant de feindre une modération motivée non par la gravité des propos mais par de simples considérations procédurales destinées à protéger la chaîne.
Par ailleurs, cet épisode n’est pas isolé. Il intervient quelques jours seulement après une nouvelle saisine de l’ARCOM par SOS Racisme concernant la même émission, et quelques semaines après une décision de sanction prise le 5 février 2026 contre la société éditrice de CNews pour des manquements similaires. Depuis juillet 2025, SOS Racisme a déjà saisi à huit reprises l’ARCOM au sujet de propos diffusés sur cette chaîne.
La répétition de ces séquences montre qu’il ne s’agit pas de simples « dérapages », mais d’un mode de fonctionnement éditorial révélant des manquements systémiques et persistants aux obligations légales et conventionnelles de la chaîne.
Il appartient à l’ARCOM de prendre acte de cette comédie et de prendre des sanctions fermes qui aillent au-delà de simples sanctions pécuniaires, telles que la suspension d’un programme, voire la résiliation de la convention autorisant la chaîne à émettre si ces manquements persistent.
SOS Racisme demeurera pleinement mobilisée contre toutes les expressions haineuses dans le débat public et se tient aux côtés des victimes, que celles-ci soient directement ou indirectement visées.
Vous trouverez ci-joint le signalement adressé à l’ARCOM.