10 ans après les attentats contre Charlie Hebdo : face aux haines, le combat continue plus que jamais

Le 7 janvier 2015, la rédaction de Charlie Hebdo était fauchée par les balles de djihadistes ayant prêté allégeance à Al Qaïda dans la Péninsule Arabique.

Cette attaque terroriste coûta la vie à 12 personnes : Cabu, Charb, Bernard Maris, Honoré, Wolinski, Tignous, Elsa Cayat, Franck Brinsolaro, Mustapha Ourrad, Frédéric Boisseau, Michel Renaud et Ahmed Merabet.

Leur crime ? Avoir publié des caricatures de Mahomet en solidarité avec leurs auteurs et les médias qui s’en étaient fait le relai. Cet acte avait plongé l’hebdomadaire satirique dans la tourmente puisque, à partir de là, il fut désigné à la vindicte par trop de commentateurs et de relais télématiques de la haine.

Ainsi, Charlie Hebdo, publication antiraciste avec laquelle nous co-organisames par exemple en 2007 la campagne contre l’instauration des tests ADN dans le cadre du regroupement familial, hebdomadaire qui avait demandé la démission de Claude Guéant pour ses propos antimusulmans, titre de presse qui fut de toutes les mobilisations contre le FN, fut subitement et avec une joie mauvaise régulièrement qualifié de raciste et d’antimusulman.

Cette commémoration des 10 ans de cet attentat est l’occasion de rappeler le caractère précieux de la liberté d’expression, y compris à l’endroit de religions qui, parce qu’elles sont également des idéologies et des instances de pouvoir, doivent pouvoir être critiquées, moquées, contestées comme toute autre idéologie ou instance de pouvoir.

Cette commémoration est aussi l’occasion plus particulière de rappeler les dangers de l’obscurantisme religieux dont on voit à quel point il peut déclencher des forces destructrices. Destructrices de la liberté d’expression, destructrices des vies, destructrices du principe d’égalité et de fraternité.

Enfin, cette commémoration doit être l’occasion de rappeler ce qu’était le but des « cerveaux » de cet attentat et de ceux qui endeuillèrent la France le 8 janvier (assassinat de la policière Clarissa Jean-Philippe) et le 9 janvier (prise d’otage et assassinats antisémites à l’HyperCacher de Vincennes). Le but était de créer des fractures internes à la société française. En donnant l’image de musulmans irréductiblement voués à la haine de l’Occident, les cerveaux de ces attentats attendaient une réaction d’agression envers les musulmans pour pouvoir dire à ces derniers : « Nous vous l’avions dit que vous ne seriez jamais acceptés ici. Alors, rejoignez notre combat ». Si bien que tous ceux qui ont voulu utiliser cette séquence pour faire prospérer leur haine antimusulmane et raciste sont entrés dans la partie que les terroristes voulaient qu’ils jouent. À ces haines en miroir, nous appelons chacune et chacun à faire prospérer l’antiracisme.

SOS Racisme contribua à diffuser dans les classes ces messages en co-fondant avec Charlie Hebdo l’association « Dessinez Créez Liberté ». Dans ce cadre fut déployé le programme d’intervention #JeDessine, à partir des dessins envoyés à la rédaction de Charlie Hebdo dans les jours qui suivirent l’attentat.

Face aux haines, au racisme et à l’antisémitisme et pour promouvoir la vie et les principes d’égalité, de liberté et de fraternité, le combat continue plus que jamais.

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