1er décembre 1944 : les 80 ans du massacre de Thiaroye, un crime colonial

Le 1er décembre 1944 marque un épisode sanglant de l’Histoire coloniale française en Afrique subsaharienne. Il y a 80 ans, des dizaines de soldats africains, les « tirailleurs sénégalais », sont exécutés par l’armée française dans le camp de Thiaroye, au Sénégal. Ces hommes, qui avaient combattu pour la France durant la Seconde Guerre mondiale et qui étaient d’anciens prisonniers des nazis, réclamaient simplement le paiement de leur solde.

⁠La version officielle : une mutinerie réprimée

Selon les autorités de l’époque, ces soldats auraient entamé une mutinerie violente, exigeant des sommes qu’ils avaient déjà perçues, d’après les dires officiels. Cette prétendue révolte aurait contraint l’armée française à intervenir pour maintenir l’ordre, conduisant à une répression sanglante. Le bilan officiel fait état de 35 morts, 35 blessés, et 34 condamnations.

La vérité : un massacre colonial prémédité

Mais la réalité est bien différente. Ce qui s’est passé à Thiaroye est un crime colonial. Arrivés à Dakar le 21 novembre 1944, les tirailleurs attendaient leur démobilisation et réclamaient leur dû, que les autorités locales refusaient de verser.

La veille du massacre, des officiers français, dont la vie n’avait jamais été menacée, ont ordonné l’intervention militaire. Un lieutenant de vaisseau a été appelé et, au matin, trois automitrailleuses ont été mobilisées contre les tirailleurs, transformant le camp de Thiaroye en théâtre de l’horreur.

Un crime sans justice

Dans une lettre adressée le 28 novembre 2024 à son homologue sénégalais Bassirou Diomaye Faye, Emmanuel Macron a reconnu que les forces coloniales françaises avaient commis un « massacre » au camp de Thiaroye. Ce geste, bien que tardif, est un pas important pour rétablir la justice et la vérité.

SOS Racisme appelle les autorités françaises à poursuivre les travaux et la collaboration avec les historiens et les chercheurs sénégalais pour permettre une pleine reconnaissance des faits.

Dominique Sopo, président de SOS Racisme, a pri part aux commémorations organisées ce dimanche à Dakar, en hommage aux victimes de ce crime colonial.

Le massacre de Thiaroye reste une plaie béante dans l’histoire franco-sénégalaise et un symbole des injustices coloniales. C’est pourquoi, nous rendons hommage à ces soldats et honorons leur mémoire.

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