Nouvelle condamnation définitive d’Éric Zemmour (et du directeur de publication de CNEWS) pour ses propos racistes sur les mineurs étrangers isolés tenus sur Cnews

SOS Racisme salue la décision rendue ce 2 décembre 2025 par la Cour de cassation, qui rejette l’ensemble des pourvois formés par Éric Zemmour et par le directeur de publication de CNews, Jean-Christophe Thiery de Bercegol du Moulin. Leur condamnation pour injure raciale publique et provocation publique à la haine ou à la violence à l’encontre des mineurs isolés étrangers est désormais définitive.

Cette décision clôt une procédure ouverte après les propos tenus le 29 septembre 2020 sur CNews, au cours de laquelle Éric Zemmour avait désigné les mineurs non-accompagnés comme des « voleurs », « violeurs », « assassins », et appelé à « ne plus en laisser rentrer aucun ». Le tribunal correctionnel de Paris les avait condamnés en janvier 2022 à 3 000 euros d’amende pour le directeur de publication et à cent jours-amende de 100 euros pour M. Zemmour, condamnations confirmées par la cour d’appel de Paris en septembre 2024.

Par sa décision, la Cour de cassation met un terme aux tentatives d’Eric Zemmour échapper à sa responsabilité.

Elle rappelle d’abord que la qualification cumulative d’injure raciale et de provocation à la haine est parfaitement conforme à la loi de 1881 et ne crée aucune incertitude pour les prévenus. 

La Cour confirme surtout, de manière claire et pédagogique, que les mineurs isolés étrangers constituent un groupe protégé par la loi à raison de leur non-appartenance à la nation française. Elle souligne qu’« il ne saurait être reproché à M. Zemmour de dénoncer l’existence d’une délinquance » ou d’exprimer une opinion politique, mais que ses propos « excèdent les limites admissibles de la liberté d’expression en raison de leur violence et de leur généralité ».

Les juges relèvent ensuite l’un des passages les plus éloquents de la manipulation opérée par M. Zemmour : « Le tribunal a exactement retenu que M. Zemmour ne s’est pas mépris sur la portée de ses paroles, dès lors qu’il s’en est expliqué dans un ouvrage intitulé « La France n’a pas dit son dernier mot » en précisant avoir glissé les termes “pas tous, pas tous”, qualifiés de “mot magique”, afin d’échapper aux poursuites. » (Cass., §33)

Cette phrase, citée textuellement par la Cour, rappelle que M. Zemmour revendique avoir instrumentalisé le débat public en minimisant délibérément ses propos pour tenter d’échapper au droit. La Cour ne s’y est pas laissée prendre.

Elle souligne que les propos litigieux, qui réduisent des mineurs étrangers à des délinquants « même potentiels », sont « outrageants et dégradants », que l’exhortation à les « renvoyer » constitue une véritable incitation à la haine et à la violence, et que les attribuer collectivement à des crimes tels que le viol ou le meurtre ne relève pas de la liberté d’expression mais d’un abus manifeste de celle-ci.

En rejetant les moyens, la Cour confirme que ces propos sont d’une gravité extrême. Ils créent « une violente aversion » envers un groupe déjà fragilisé, et participent à la construction d’un climat de haine dirigé contre les personnes étrangères, y compris des mineurs.

La décision étant définitive, Éric Zemmour et le directeur de publication de CNEWS sont désormais définitivement condamnés pour avoir diffusé, en connaissance de cause, des propos racistes et haineux visant des mineurs.

SOS Racisme se félicite de cette décision qui rappelle que la liberté d’expression n’autorise ni la haine, ni la stigmatisation raciale, et que les figures médiatiques ou politiques ne sauraient s’exonérer du droit commun.

Dans un paysage médiatique où certains plateaux, notamment sur CNews, et certains acteurs, notamment M. Zemmour, s’appliquent davantage à hystériser le débat sur l’immigration qu’à informer, nos actions rappellent que le droit, lui, ne cède jamais aux assimilations racistes et mensongères.

Nous remercions chaleureusement notre avocat, Me Michaël Ghnassia, dont la rigueur juridique et la détermination ont une nouvelle fois permis de porter haut la voix des victimes de racisme et l’exigence de justice.

SOS Racisme continuera de se tenir aux côtés des mineurs isolés et de toutes les victimes de racisme.

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