Clôture du « Beauvau de la sécurité » : les relations police-population toujours occultées.

Aujourd’hui à Roubaix, le Président de la République, Emmanuel Macron, clôturait par un discours devant devant les membres des forces de l’ordre les travaux du « Beauvau de la sécurité ».

Malheureusement, ce « Beauvau de la Sécurité » tout autant que les conclusions annoncées poursuivent l’occultation de la problématique des relations entre la police et la population, relations qui sont à l’origine indirecte de ce « Beauvau ». Rappelons que ce qui a été initialement présenté comme une large concertation est une conséquence de l’interview donnée par le chef de l’Etat au média en ligne Brut, alors que les affaires du producteur Michel Zecler, passé à tabac par des policiers aux cris de « sale nègre », et de l’évacuation brutale d’un campement Place de la République à Paris avaient suscité une large indignation et rendu urgent d’ouvrir le chantier du racisme dans la police, de l’impunité perçue suite à de trop nombreux cas d’usages excessifs de la force, notamment lors des manifestations, et, plus largement, d’œuvrer à l’amélioration des relations entre la police et la population.

En effet, suite à cette interview dans lequel le chef de l’Etat condamnait les violences commises par des policiers et disait l’évidence constatée par tous les chercheurs de l’existence de contrôles au faciès, la levée de boucliers de plusieurs syndicats policiers produisait cette annonce d’un « Grenelle de la police » bientôt rebaptisé « Beauvau de la sécurité ».

Si la question des relations entre la police et la population figuraient au menu de cet exercice, il est vite apparu que le refus des syndicats les plus outranciers à discuter des pratiques, attitudes et habitudes problématiques – allant jusqu’au racisme donc – constituerait une limite à ce qui pouvait être discuté.

C’est ainsi que, logiquement, les associations de défense des droits de l’Homme et de lutte contre le racisme et les discriminations ont été écartées de ce « Beauvau de la Sécurité » qui se caractérisa finalement par une absence de concertation ouverte sur la société, dans une fort dommageable logique de repli, d’entre-soi et de crispations.

Si SOS Racisme salue l’annonce d’un bienvenu renforcement de la formation des membres des forces de l’ordre et de l’encadrement des équipes sur le terrain, la question des relations police-population – dont celle du racisme, qui gangrène malheureusement une part trop importante de la profession – a été occultée. En ce sens, l’absence de réforme vers une plus grande indépendance de l’IGPN et de l’IGGN ne constitue pas véritablement une surprise.

Nous déplorons cette immaturité à traiter sereinement de la problématique des relations entre la police et la population, une immaturité qui court d’ailleurs depuis plusieurs quinquennats. Cette immaturité crée des conséquences potentiellement graves pour celles et ceux qui subissent des comportements racistes ou d’irrespect que le pouvoir politique ne veut souvent pas voir (y compris lorsque les victimes sont elles-mêmes des membres des forces de l’ordre). Elle crée également une relation distendue voire hostile entre la police et la population, là où une bonne administration de la sécurité publique devrait renforcer les liens entre ces deux dernières. Elle crée enfin une défiance envers la police, situation bien peu confortable pour les policiers eux-mêmes. Il est étonnant de constater à quel point les responsables politiques se montrent bien peu capables de s’atteler à une problématique dans laquelle tant de groupes et tant de principes sortent perdants ou affaiblis.

Pourtant, des solutions existent, à défaut de la volonté politique de les entendre et, a fortiori, de les mettre en œuvre.

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