Après l’adoption de la motion de rejet par l’Assemblée nationale, SOS Racisme demande le retrait par le gouvernement du Projet de loi Immigration

Ce lundi 11 décembre, l’Assemblée nationale a adopté une motion de rejet du projet de loi Immigration porté par Gérald Darmanin. Ce vote intervient après une série de rebondissements autour du texte depuis son annonce à l’été 2022. Initialement prévu pour l’automne 2022, le projet de loi a été repoussé et examiné au Sénat en mars 2023. Les débats ont été interrompus par les manifestations contre la réforme des retraites, et la suite a été marquée par une incertitude persistante sur son avenir. Finalement, le texte a été adopté par le Sénat cet automne, mais il a été rejeté aujourd’hui par l’Assemblée nationale.

SOS Racisme appelle désormais le gouvernement à mettre fin à ce projet de loi qui, depuis plusieurs mois, a exacerbé la stigmatisation des étrangers et de leurs enfants. Le gouvernement pourrait encore chercher à faire passer le texte en demandant une nouvelle lecture au Sénat ou en réunissant une Commission mixte paritaire. Cependant, SOS Racisme exige le retrait immédiat de ce projet, qui a contribué à détériorer le climat politique, affaiblir la paix civile et nuire à l’image de la France à l’international.

Ce projet de loi, initié par Gérald Darmanin, a été fortement influencé par des fantasmes d’extrême-droite concernant le lien entre immigration et délinquance. Il a alimenté un imaginaire malveillant vis-à-vis des étrangers, renforçant les stéréotypes et les discours de haine. Les récentes violences racistes, telles que les ratonnades, coïncident avec les débats sur ce texte, suggérant un effet catalyseur de ces discours politiques.

Sous la conduite de Darmanin, le projet de loi a vu une dérive alarmante, avec la droite sénatoriale s’alignant sur l’extrême-droite et adoptant des mesures qui attaquent l’État de droit et ses principes fondamentaux. La France est apparue comme un pays obsédé par une mauvaise politique migratoire, remettant en cause des valeurs essentielles comme l’égalité, le droit à la famille, l’accès aux soins et le droit du sol.

Dominique Sopo, président de SOS Racisme, déclare : « Il est de la responsabilité d’Emmanuel Macron et d’Élisabeth Borne de tourner la page de cette séquence peu glorieuse de notre vie politique. Alors que les populismes d’extrême-droite gagnent du terrain en Europe et dans le monde, ce projet de loi et les débats qui l’ont entouré ont contribué à légitimer les obsessions de ces courants populistes, notamment le prétendu lien entre immigration et délinquance, la théorie complotiste du grand remplacement et une vision ethnicisée de la citoyenneté. Le président de la République et la Première ministre doivent maintenant permettre à notre pays de retrouver une vie politique conforme à ses valeurs historiques. Faute de quoi, sous l’impulsion de Gérald Darmanin, nous pourrions voir un accord avec une droite parlementaire alignée sur l’extrême-droite. »

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