Situation en Nouvelle-Calédonie : l’Etat doit urgemment cesser d’adopter un comportement autoritaire.

Depuis plusieurs mois, la Nouvelle-Calédonie-Kanakie est traversée par une crise qui ne semble pas connaître encore d’épilogue.

En cause, l’attitude particulièrement autoritaire d’Emmanuel Macron dans la gestion de ce dossier. En effet, Emmanuel Macron, fidèle à un vain « jupitérisme », a adopté un comportement à rebours de celui de ses prédécesseurs depuis 1988 et l’enclenchement d’un processus de décolonisation volontiers reconnu comme tel par l’Etat.

C’est ainsi que la logique d’ultimatum adoptée par Emmanuel sur la question du dégel du corps électoral a embrasé le territoire en suscitant la colère et la révolte de larges pans de la population kanake.

S’il a dû temporairement remiser la validation par le Parlement du dégel du corps électoral, Emmanuel Macron, loin de revoir sa méthode, a poursuivi son approche faite de légèreté par son manque d’engagement dans ce dossier et d’autoritarisme par l’ampleur et les modalités de la répression appliquées aux manifestants.

Ainsi, le bilan de cette crise se monte déjà à 13 morts (dont 11 civils et 2 gendarmes), signe d’une gestion qui reste traversée par une logique coloniale, étant entendu qu’un tel bilan aurait, à juste titre, été jugé totalement inacceptable s’il avait concerné des populations vivant en métropole.

En outre, sept leaders indépendantistes soupçonnés d’être impliqués dans les violences qui se sont déclenchées le 13 mai dernier ont été incarcérés en métropole et donc loin de leurs familles et de leurs attaches, à rebours de la pratique carcérale classique. Cela n’est pas sans rappeler les éloignements forcés (et sous bonne garde!) dont les métropoles coloniales étaient coutumières à l’endroit de leaders jugés trop remuants dans nos colonies.

Cette façon de procéder doit évidemment cesser. C’est pourquoi nous soutenons la demande du FLNKS demandant aux forces de l’ordre de ne pas intervenir ce lundi dans la tribu de Saint-Louis afin d’y interpeller des jeunes soupçonnés d’exactions.

Bien que des exactions à l’endroit des biens et des personnes ne soient pas admissibles, plusieurs éléments plaident pour une annulation de l’opération – nécessairement armée – prévue ce lundi :

  • La disproportion des moyens engagés à rebours de toute logique de désescalade à l’endroit d’une jeunesse révoltée,
  • Le fait que la tribu de Saint-Louis ait déjà payé un lourd tribut à cette crise puisque deux de ses jeunes ont été tués il y a quelques jours par les forces de l’ordre et ont été enterrées ce dimanche

Pour Dominique Sopo, président de SOS Racisme, « depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la Nouvelle-Calédonie-Kanakie est considérée par l’ONU comme un territoire non-autonome. Depuis 1988, un processus long et ardu a été mené entre les différentes forces politiques et sociales en Nouvelle-Calédonie-Kanakie et en métropole, avec une pleine implication de l’Etat. Il appartient aux autorités françaises de ne pas mettre à bas cette nécessaire logique de décolonisation, conforme au droit et à la justice ».

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