Procès des Natifs pour leur banderole contre Aya Nakamura : 10 condamnations pour injure publique à caractère raciste

Ce mercredi 17 septembre, le tribunal correctionnel de Paris a condamné 10 militants d’extrême droite qui avaient déployé une banderole raciste à l’endroit d’Aya Nakamura. SOS Racisme se félicite que la justice rappelle le caractère délictuel des propos incriminés.

Ce mercredi 17 septembre 2025, SOS Racisme était au tribunal correctionnel de Paris, pour assister au délibéré du procès qui s’était déroulé le 4 juin 2025 à l’encontre de treize membres du groupe d’extrême droite Les Natifs, poursuivis pour des propos à caractère raciste visant l’artiste Aya Nakamura.

Le 8 mars 2024, après qu’Emmanuel Macron avait annoncé qu’Aya Nakamura pourrait faire partie de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris de 2024, ces militants identitaires avaient brandi une banderole sur laquelle figuraient les mots suivants : « Y’a pas moyen Aya, ici c’est Paris, pas le marché de Bamako ».

Publiée sur le compte X du groupuscule d’extrême droite, la photo du forfait était accompagnée d’un texte sans ambiguïté. En effet, on pouvait y découvrir la lecture obsessionnellement raciste faite par ces militants d’extrême droite de l’annonce de la présence d’Aya Nakamura à la cérémonie d’ouverture des JO : « Remplacer l’élégance française par la vulgarité, africaniser nos chansons populaires et évincer le peuple de souche au profit de l’immigration extra-européenne. ». Le texte réclamait également « que la France soit représentée par un artiste incarnant notre héritage, nos valeurs et notre identité ! ».

Partie civile au procès, l’association avait insisté, via son avocat et son président, sur la gravité de propos qui contribuent – dans une volonté poursuivie par l’extrême droite – à instaurer un climat raciste dans notre pays. En outre, au-delà de la dégradation de la vie de citoyennes et de citoyens visés par cette parole raciste de plus en plus mainstream, ces propos préparent des passages à l’acte plus graves, comme le montre d’ailleurs le retour des crimes racistes dans notre pays ces derniers mois.

En condamnant 10 des 13 militants poursuivis pour injure publique à caractère raciste à des peines d’amende comprises entre 2000 et 3000 euros (parfois assorties du sursis total ou partiel), le tribunal a rappelé le caractère délictuel de l’expression raciste de ces individus.

Nous aurions préféré que les réquisitions du Parquet – qui comprenaient des peines de prison – soient davantage suivies.

Mais, pour Dominique Sopo, président de l’association et présent lors du délibéré, « l’essentiel réside dans la condamnation prononcée. Elle vient rappeler que nos lois ne tolèrent pas ces expressions haineuses alors que la parole raciste se banalise dangereusement dans l’espace médiatique. »

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