Une ancienne candidate Reconquête devant la justice ce jeudi 8 février pour avoir suggéré « le retour aux ratonnades » après le meurtre de Thomas P. à Crépol

Dans la nuit de samedi à dimanche 19 novembre 2023, un adolescent, Thomas P., était tué d’un coup de couteau à Crépol, dans la Drôme, pendant une rixe générale lors d’une fête de village dans la salle des fêtes de la commune. S’appuyant sur les origines de l’auteur du coup de couteau, Florence Médina, ancienne candidate Reconquête, s’exprimait en ces termes sur sa page Facebook le 20 novembre 2023 :

« Dans les années 80, il existait des ratonnades – au risque de choquer on peut recommencer, mais nous ne laisserons pas nos enfants se faire assassiner lâchement par des racailles en surnombre et armées. Puisque le Gouvernement ne bouge pas, les Français de Province vont montrer à Paris comment il faut les traiter. Il vaut mieux que les flics les trouvent avant les locaux, car il risque d’y avoir de gros dommages collatéraux – chez les chasseurs et les agriculteurs les wesh wesh ne vont pas faire la loi. »

Suite à ces propos, SOS Racisme avait immédiatement porté plainte.

Dans les propos incriminés, il est fait référence aux « ratonnades » des années 1980, le terme « ratonnades » renvoyant aux exactions commises contre des personnes d’origine maghrébine. Ainsi, en août 1973 à Marseille, un chauffeur de bus est tué par un Algérien (qui sera ultérieurement déclaré pénalement irresponsable). Suite à cet acte, et dans un contexte de tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie au moment du premier choc pétrolier, une cinquantaine d’Algériens sont assassinés, dont au moins 17 dans la région marseillaise. La série d’agressions culmine avec l’attentat du 14 décembre 1973 contre le consulat d’Algérie à Marseille, qui fait quatre morts. Des « ratonnades » sont menées par des groupes d’extrême-droite avec pour seul but de commettre des violences contre des Algériens. Au printemps 1980, plusieurs « ratonnades » contre des Maghrébins étaient également menées, notamment à Bondy (Seine-Saint-Denis) par des groupes d’extrême-droite.

Le tribunal correctionnel de Montpellier sera amené à juger Florence Médina pour ces propos manifestement constitutifs d’un appel à la haine et d’une apologie de crime à caractère raciste. SOS Racisme, partie civile dans cette affaire, s’inquiète d’un tel déferlement de haine et espère qu’il ne restera pas impuni.

Pour Dominique Sopo, président national de SOS Racisme, « Florence Médina a pris une lourde responsabilité en rendant publics de tels propos. Et cela est d’autant plus grave qu’elle est une ancienne candidate, parfaitement consciente du poids de la parole publique. Au regard de ses liens avec le parti zemmouriste, il est clair que les propos énoncés n’étaient pas simplement le fruit d’une émotion incontrôlée mais avaient pour but d’inciter à des passages à l’acte racistes. »

Pour Cassandra Gustave, présidente de SOS Racisme Hérault, « En tant qu’antiracistes, attachés aux valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité, nous devons nous dresser pour refuser cette parole raciste insupportable, qui plus est de la part d’une personne qui prétendait en 2022 à représenter la Nation. L’extrême-droite et ses idées haineuses poussent au crime. Nous continuerons de la combattre sans relâche. »

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