Sud Education 93 a-t-il perdu le Nord ?

C’est avec stupéfaction que nous découvrons le stage projeté par la section de Seine-Saint-Denis du syndicat Sud Education.

En effet, ce stage prévoit des ateliers en non-mixité, réservés aux « racisés », selon le très fumeux concept en vogue servant à désigner notamment les personnes d’origine maghrébine et subsaharienne.

Quelle qu’ait été l’intention des concepteurs de ce stage, cette façon de procéder renvoie à une vision racialiste que nous condamnons avec la plus grande fermeté car ne correspondant en rien à une dynamique antiraciste fondée, tout au contraire, sur le vivre ensemble et la rencontre.

Les dénégations de Sud Education 93 sont quelque peu étranges puisque niant le fait qu’un tri sur les origines serait opéré pour la participation aux dits ateliers. Nous attendons donc les explications sur la façon dont un atelier réservé aux « racisés » évitera un tri.

Il semble bien plus probablement que nous assistons là à une dérive inacceptable qui fait porter deux risques majeurs :

  • à partir du moment où l’on fait appel à un public sur lequel un tri sera opéré, on légitime les mêmes pratiques au sein d’une extrême droite traditionnelle dont la branche identitaire essaie depuis plusieurs années de créer de tels espaces pour les « blancs »
  • on enferme plutôt que d’ouvrir, alors même que la grande affaire de l’antiracisme est celle de la conquête de la rencontre et du mélange sur un pied d’égalité

En outre, au-delà de la question de la « non-mixité », deux remarques doivent être portées sur le vocabulaire et les intervenants.

Sur le vocabulaire, l’expression de « racisé » est portée par des groupes dont la récente offensive lexicale vise à être le véhicule de logiques d’impossibilité de la rencontre. Le « racisé » serait ainsi non pas simplement une victime du racisme mais un individu qui, de fait, se déploie dans un entre-soi racialisé (il est à noter qu’une personne d’origine maghrébine ou subsaharienne qui militerait pour le vivre-ensemble est exclue des « racisés » et rangée par les promoteurs de ce concept dans la catégorie des traîtres). D’ailleurs, logique inéluctable : le stage prévoit un atelier réservé aux « blancs »…

Sur les intervenants, il apparaît que le profil de plusieurs intervenants renvoie à la réalité de personnages aux antipodes des logiques d’émancipation et promoteurs tout au contraire de logiques d’enfermement identitaire.

C’est pourquoi, derrière une radicalité de pure apparence, cette façon de procéder est terriblement réactionnaire. Un comble pour un syndicat qui se réclame résolument à la gauche de l’échiquier politique.

Nous demandons donc à Sud Education 93 de revenir sur cette initiative en la modifiant de telle sorte qu’elle soit conforme aux valeurs du syndicalisme enseignant.

Découvrir nos autres
actualités

Hamza dit « La Douane », adolescent de 14 ans, ciblé par une campagne de harcèlement raciste de la part de l’extrême droite : SOS Racisme saisit l’Arcom

Depuis plusieurs jours, Hamza dit « La Douane », un adolescent de 14 ans, est la cible d’une campagne de harcèlement raciste menée par des médias, des chroniqueurs et des responsables politiques de droite et d’extrême droite. Son tort ?

SOS Racisme dénonce le racisme antinoir au fondement de la condamnation de Saâdia Mosbah en Tunisie

Ce mardi 23 juin, à Tunis, Saâdia Mosbah, militante antiraciste en Tunisie, a été condamnée en appel à 8 ans de prison pour des délits financiers imaginaires. Derrière ces motifs de façade, la vraie raison de la persécution judiciaire vécue

Non à la proposition de loi sur les mariages dits « simulés » ou « arrangés » !

Le 25 juin 2026, l’Assemblée nationale examinera de nouveau la proposition de loi n°1008 visant à renforcer les pouvoirs des officiers d’état civil et du ministère public dans la lutte contre les mariages dits « simulés » ou « arrangés

Soutien à Youssef Badr, magistrat visé par des menaces de mort et des attaques racistes de la part de l’extrême droite

SOS Racisme exprime son soutien à Youssef Badr, magistrat au tribunal judiciaire de Bobigny, visé par des menaces de mort et des attaques racistes à la suite de la condamnation d’Erik Tegnér, fondateur du média d’extrême droite Frontières. Jeudi, une

Nous soutenir