Départ de Julie d’Andurain de la commission sur le Rwanda : une « démission » bienvenue

La « démission » de l’historienne Julie d’Andurain de la commission sur le rôle de la France dans le génocide contre les Tutsis au Rwanda en 1994 est une bienvenue. Mais qu’y faisait une historienne obsédée, contre le réel, par la défense du rôle indigne que la France y joua ?

 

Cette commission, mise en place par le chef de l’Etat en avril 2019 et qui rendra son rapport en avril 2021, doit rester une commission qui s’attache à dire le réel, aussi désagréable ou tristement ambigu soit-il.

 

La présence de Julie d’Andurain au sein de cette commission montre pourtant que se joue une « géopolitique du réel », entre d’un côté les tenants de l’exposition de la vérité sur le soutien au régime d’Habyarimana et sur la nature et les actes de l’opération Turquoise et, de l’autre côté, celles et ceux qui se vivent, en résonance avec une partie de l’institution militaire, comme les défenseurs autoproclamés de l’honneur du pays. Pays qui ne leur a pas donné mandat pour cela et honneur qu’ils définissent comme une défense arc-boutée de la moralité des actes passés là où nous sommes nombreuses et nombreux à concevoir que l’honneur réside dans notre capacité collective à reconnaître le réel.