23 janvier 1910 : naissance de Django Reinhardt le héros du peuple Tsigane

Django Reinhardt naît dans une roulotte située près de Lieberchies en Belgique dans une famille Sinti originaire d’Alsace. Fuyant les tourments de la guerre, la famille voyage en Italie, en Algérie, en France et décide finalement de s’installer à Paris.

 

L’enfant s’initie très tôt à la musique et fait rapidement preuve d’un talent inouï. Son adolescence sera dès lors rythmée par les rues, les cabarets et les bals dans lesquels il se produit et commence à acquérir une certaine réputation. La virtuosité du jeune homme est alors remarquée par un chef d’orchestre qui lui propose de l’engager dans sa formation à Londres. Le sort en décidera autrement. Le 26 octobre 1928 à Saint-Ouen, un incendie se déclare dans la roulotte dans laquelle, vivent le musicien et son épouse. Ils en sortent gravement blessés. Django est, entre autres, grièvement atteint à la main gauche. Les médecins sont formels, les séquelles l’empêcheront désormais de jouer de la guitare. Mais c’est mal connaître le personnage que de croire qu’il va se laisser abattre. Non, au contraire il va s’acharner. Jour et nuit, pendant dix-huit mois, il s’obstine à réapprivoiser ses doigts et à retrouver la dextérité si indispensable à son talent. A force de travail et de persévérance, il y parvient et chose plus incroyable encore, il invente une nouvelle technique guitaristique qui s’adapte à son handicap, n’employant que les deux doigts sains et le pouce de sa main gauche.

Quand il sort enfin de l’hôpital en 1930, il découvre et tombe littéralement raide dingue du jazz, de Duke Ellington, de Joe Venuti, de Louis Armstrong… Quelques années plus tard, il fonde avec, entre autres, son ami Stéphane Grappelli, la Quintette du Hot Club de France. Le groupe connaît un immense succès et se produit sur de nombreuses scènes européennes. Ils inventent alors un jazz unique, aux milles influences et à la poésie si subtile. C’est ce qu’on appellera le Jazz manouche.

Sur les sentiers de la gloire, la Quintette part même en tournée aux Etats Unis et Django a ainsi eu l’occasion de jouer aux côtés de son idole Duke Ellington.

A son retour en France, le producteur Eddy Barclay lui fait enregistrer 8 morceaux exceptionnels qui ont fortement marqué les amateurs de jazz. Il meurt à l’âge de 43 ans, chez lui, à Samois-sur-Seine.

L’œuvre et le talent de Django Reinhardt ont indéniablement posé leur empreinte sur l’histoire du jazz. A sa manière, il a profondément révolutionné certains critères symphoniques et a inspiré par la suite des guitaristes du monde entier. Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des plus grands jazzmen français.

Il est également un symbole pour les Tziganes (terme exogène qui désigne les Roms, Sinti, Manouches, etc.). Django est considéré comme un véritable ambassadeur de la culture de ce peuple qui a été tant opprimé à travers les siècles, et à qui, la chance de s’affirmer n’est pas forcément laissé. Alain Antonietto écrivait « Django est le héros d’un peuple, celui du peuple Tzigane. »

Un héros. Les Roms, Sinti, Manouches d’Europe en auraient plus que jamais besoin par les temps qui courent. Un héros qui pourrait peut-être les rassurer et les encourager en leur disant : « Allez, les gars, on ne se laisse pas abattre, malgré le rejet, malgré le racisme, malgré les préjugés, malgré les insultes, malgré les violences administratives, civiles et policières, malgré les refus de scolarisation, malgré les refus d’inhumation, malgré la misère économique et sociale (parfois volontairement maintenue), malgré les expulsions à répétions, malgré la faim, malgré le froid, malgré les conditions ultra-précaires, malgré TOUT ça, on ne va pas se laisser abattre, on va s’en sortir, on va réussir. »

 

 

 

 

 

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